mercredi 24 février 2010

ArtBike à l'exposition "Mémoire usinée"



Un des cadres du projet ArtBike sera présenté lors de l'exposition "Mémoire usinée" de l'artiste peintre et designer Alec.

"Mémoire usinée" à la galerie Art Neuf
du 1er mars au 10 avril 2010
vernissage : mardi 02 mars à 18h
Le vin d'honneur du vernissage est commandité par:
www.barefootwine.com


Galerie Art Neuf
Centre culturel Calixa-Lavallée

3819, avenue Calixa-Lavallée
H2L 3A7 Montréal
Au coeur du Parc Lafontaine
Carte Google
Accès : Par la rue Rachel - Métro : Sherbrooke - Autobus : 24 Est
Stationnement gratuit
www.artneuf.ca
artneuf@bellnet.ca
514 872-3947 - 514 523-3316

L'événement sur Facebook

lundi 22 février 2010

Retour sur le salon du vélo de Montréal

Cette année, quelque chose a changé. Bien sûr, la vocation du salon du vélo ne s'est plus limitée au cyclotourisme, comme par les années précédentes. Ce qui a fait peut-être que l'on a pu y rencontrer plus de types de cyclistes, du passionné au simple adepte.
Le public urbain beaucoup plus présent. La question environnementale est évidemment soulevée, mais ce sont bien plus les questions de coûts de transport et d'encombrement urbain qui sont la motivation dans le choix d'acquérir un bon vélo pour mode de transport au quotidien.

Les vélos Urbanista se sont fait remarquer et semblent non seulement répondre à un besoin mais aussi offrir quelque chose de différent. C'était encourageant de voir les sourires lors du premier contact visuel avec ces vélos. Puis les questions : D'où ça vient? Qui les fait? Est-ce que c'est cher? Est-ce que c'est lourd? Autant de questions dont les réponses nous remplissaient de fierté.
Et puis, à l'explication de la notion culturelle de cette ligne de vélos, via entre autre le blogue et la philosophie du "Slow Bike", les gens paraissaient séduits par notre approche différente.

Il y avait aussi ceux qui, de par le blogue ou le site, ou même les annonces magazine, connaissaient la ligne et venaient la voir de près. Leur enthousiasme était communicatif. Et d'autres qui sont des adeptes d'Opus sur vélo de route, et qui découvraient ce concept urbain! Pour certain c'était l'occasion de nous avouer leur intérêt à se procurer un second vélo pour un tout autre genre de déplacement que leur vélo d'entraînement.

Ce qui est très encourageant, c'est de voir que les Urbanista plaisent autant aux têtes blanches qu'aux cheveux en bataille.

Trois jours de contacts intenses, car l'affluence du salon a vraiment été soutenue cette année. Trois jours de rencontres enrichissantes, d'histoires et d'expériences personnelles partagées. Trois jours de fierté à faire découvrir ce dont à quoi nous croyons sincèrement et profondément : le vélo pour tout le monde!

jeudi 18 février 2010

Urbanista - Court metrage

video
Version HR

Petit essai de court métrage présentant les vélos Urbanista 2010. C'est avant tout une expérience pour transmettre visuellement une atmosphère décrivant l'inspiration Urbanista.

Il y a une recherche de mise en lien entre une structure urbaine, en l'occurrence un pont, et la structure du vélo avec son cadre, ses rayons et ses éléments distinctifs.
Le choix de la pièce musicale "Half dub" de Dan Thouin n'est pas fortuit. Il émane de cette composition, un rythme trépidant de la cymbale pouvant représenter le rythme effréné urbain, et le calme de la mélodie du saxophone soprano et du piano électrique Rhodes qui se rapproche plus de l'esprit du "Slow Bike" où, dans un contexte citadin effervescent, on peut réussir à puiser un calme et une sérénité quasiment contemplative.

mardi 16 février 2010

Les Urbanista au salon



Les Urbanista seront au
8e Salon du Vélo Expodium
de Montréal

Place Bonaventure
800, De La Gauchetière Ouest
19-20-21 février 2010
au kiosque OPUS

Informations supplémentaires :
www.expodium.ca

samedi 13 février 2010

Le vélo de Tiffany : douce uchronie*

Vous pourrez aller à vélo à la magnifique exposition - Le verre selon Tiffany : la couleur en fusion - puisqu’elle est parmi nous jusqu’au 2 mai prochain au Musée des Beaux-arts de Montréal.

Je crois que ce sera un autre très bon coup du Musée, puisque voilà une exposition véritablement accessible à tous, et où l’on cotoîe dans une proximité étonnante des oeuvres de Tiffany exposées dans toute leur splendeur, leur magnificence. Les vases, luminaires, vitraux rivalisent de beauté sous nos yeux et témoignent d’une époque haute en couleur, au propre et au figuré.

L’exposition nous apprend toutes sortes de choses sur la grande épopée Tiffany qui dura plus d’un siècle. Par exemple, quelles étaient les influences de la première heure, en l'occurence les mosaïques d’Afrique du Nord. Que Tiffany le créateur était doublé d’un homme d’affaires qui savait bien s’entourer. Que son apport véritable à l’art du verre, c’est précisément le verre, c’est-à-dire qu’avec chimistes et artisans, il a mis au point des procédés qui permettaient de créer des couleurs, des textures, des motifs nouveaux, élargissant d’autant la palette, le vocabulaire des artistes du verre.

Quand on entend le nom Tiffany, on pense tout de suite aux lampes célèbres. Et on croit que Tiffany en était l’auteur exclusif. Et c’est ici que l’exposition nous éclaire sur des aspects moins connus de cet empire de l’art nouveau. Était-ce l’époque qui voulait ça, ou le fait qu’il s’agit ici d’un industriel ayant à son service des centaines de personnes, et non pas d’une production artisanale, mais ce qui est clair maintenant c’est qu’il y avait d’autres créateurs et inventeurs dans l’ombre de Tiffany : des artistes, des chimistes, des ingénieurs dont les noms ne nous sont parvenus que très tardivement.

Pour n'en nommer que quelques uns : Arthur J.Nash, et Leslie, son fils, qui supervisaient les opérations de création du verre et les fonderies, A.Nash étant l’auteur du fameux verre Favril qui a rendu possible la création de nombreuses pièces Tiffany célèbres. Puis, encore méconnue jusqu’à tout récemment, Clara Driscoll (1861-1944), qui aurait conçu les modèles de lampes les plus iconiques de l’oeuvre Tiffany, lampes dont on voit quelques modèles dans l’exposition. Son rôle a été mis à jour en 2005, lorsqu’un chercheur en histoire a découvert la correspondance qu’elle entretenait avec sa mère. C’est par ses lettres, où elle explique son travail chez Tiffany, et par les recherches qui s’ensuivirent par la Société d’histoire de New York, qu’on découvre en elle une femme véritablement d’avant-garde, et l'importance de son rôle au sein de Tiffany.

À une époque où les femmes avaient peu de choix de vie, encore moins de choix de carrières – se marier et avoir des enfants, devenir enseignante ou religieuse – Clara reçoit une formation en art, vit seule dans le New York de la fin du 19e, début 20e siècle, et elle est responsable de l’atelier où l’on choisit et coupe le verre. Dans cet atelier, elle a sous ses ordres un cinquantaine de femmes que l'on nommera les Tiffany girls. Plus étonnant encore, sa correspondance nous révèle qu'elle se rend au travail ... à vélo. Complètement atypique pour une femme de son époque !

Ces dans ses fonctions à l’atelier qu’elle crée ces oeuvres magnifiques pour Tiffany. En effet, on observe un changement esthétique dans la production au moment où elle occupe ses fonctions chez Tiffany : les motifs géométriques froids font place aux formes courbes, aux motifs organiques, aux fleurs, feuilles, insectes, et à une palette de couleurs différente.

L’on sait que la compagnie Tiffany & Co produisait à ses débuts bijoux, argenterie, papeterie, et c’est à cette même époque, vers 1890, qu’ont été conçus des ... vélos! Non pas en verre, mais aux cadres sertis d’argent, avec poignées en ivoire, des vélos qui ont existé en très peu d’exemplaires. J’ai donc imaginé un Tiffany reconnaissant de l’apport indéniable de Clara aux ateliers Tiffany, lui offrant l’un de ses vélos, à elle qui roulait dans les rues de New York chaque jour pour se rendre au travail.

Malheureusement, l’histoire ne nous dit que bien peu des rapports entre Tiffany et la cheffe d’atelier. Ce que nous savons cependant c’est que l’un des rares exemplaires de ce vélo a été vendu aux enchères chez Bonhams l’an dernier, au montant de 57,000$. Il avait été conçu pour l’actrice américaine Lillian Russell.

N.D.L.R. : Nous tenons à préciser qu'il n'y a pas d'exemplaire de ce vélo à l'exposition Tiffany du Musée des Beaux-arts de Montréal.


Sur Arthur J.Nash, : Behind the scenes of Tiffany Glassmaking. The Nash Notebooks. St-Martin’s Press. 2001.
Sur Clara Driscoll : A new light on Tiffany : Clara Driscoll and the Tiffany Girls. D.Giles Ltd. 2007.

Crédit photographique : Clara Driscoll dans son atelier aux Studios Tiffany, en compagnie de Joseph Briggs, 1901. New York. Département des arts décoratifs, Metropolitan Museum of Art.

[*Uchronie : genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. L’auteur d’une uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles.]

mercredi 10 février 2010

Nuovella 2010

Parce que le travail de création ne s'arrête jamais, pour pousser le concept "Vespa" des années 50 encore plus loin, on a ajouté au dernier moment, sur le Nuovella 2010, des protecteurs de jupe coordonnés à la couleur du vélo.

lundi 8 février 2010

Chaleur sibérienne

Nous sommes dans le dernier droit de l’hiver. Février et mars pourraient nous en faire voir de toutes les couleurs, ou ne pas nous surprendre du tout. Tel est l’hiver québécois de ces dernières années : imprévisible. Alors je poursuis mes lectures vélocipédiques ...

Traverser la Sibérie en vélo, ça vous dirait ? C’est ce que Mark Jenkins a entrepris en 1989, flanqué de collègues Américains et Russes, et dont il a fait le récit dans Off the map, bien avant de devenir columnist au magazine Outside.

Sorte d’équipée folle de 7500 km en 5 mois, totalement fellinienne à la ligne de départ, avec tout un cirque de journalistes et tout un entourage de ‘sécurité’, l’équipe retrouvera bien vite un peu d’intimité là où la route s'arrête et qu'ils se perdent littéralement dans le décor de cet arrière-pays. Ils sèmeront ce cortège encombrant pour faire face à leur défi. Défi pluriel en fait. Défi d’endurance certes, mais et surtout, de nombreux défis d’ordre culturel. D'abord à l’intérieur même de l’équipe, composée de Nord-américains et d’Européens de l’est. Choc des époques puisque les voilà, urbains du 20e siècle, à se balader dans une campagne qui a parfois des allures de 19e siècle. Choc des cultures politiques. Choc de la confrontation des idées préconçues, des préjugés, avec l'envers du décor, qui va toujours au-delà des lieux communs.

Pour ceux qui s’intéressent au cyclotourisme d’aventure, rouler dans des contrées peu ou pas fréquentées, si le livre apporte peu d’informations techniques sur le comment de la chose, il est plus généreux sur les difficultés logistiques de cette entreprise et sur les aspects psychologiques d'une telle aventure.

Je pense que l’intérêt de ce récit est ailleurs. Une fois mis de côté ce qui est convenu et attendu dans un tel livre – le regard d’un Américain sur la culture russe/soviétique de 1989 - il y a plus. Une fois dépassée la carte postale, splendide il va sans dire, les humains sont le véritable paysage de ce récit. Ceux qui moulinent, et ceux qui les accueillent. Quand les descriptions ne sont plus à gros traits, mais dans les nuances, dans les subtilités, c’est là que ça devient intéressant.

Si Jenkins n'a pas grand talent littéraire dans ce récit de jeunesse, il pallie habilement à cela par la fraîcheur de son récit et par la sincérité presque bon enfant du ton adopté.

Ce qui m’a plu c’est qu'encore une fois le vélo est un vecteur de découverte fascinant. Je serais presque tenté de dire un interface, tellement plus propice pour aller à la rencontre de l’Autre. Quand on défile en voiture, en train, on ne s’arrête pas. Il y a toujours une distance entre soi et l’objet qu’on découvre. Quand on est en vélo, et qu’il faut mettre pied à terre pour ne serait-ce que trouver gîte et couvert, c’est autre chose. Ce livre me confirme ce que j’ai été à même d’expérimenter en faisant beaucoup plus simplement la découverte de villes visitées à vélo : on se retrouve dans un rapport de vis-à-vis qui rend l’expérience et la rencontre plus faciles et plus riches.

Une fois le livre refermé, je me suis demandé si les choses avaient beaucoup changées depuis 1989, si ce qu’on y lit est encore assez juste en 2010. Et par une coïncidence extraordinaire, j’ai eu à lire en ligne le blogue/journal de voyage de deux Québécois qui, cet hiver, revenaient d’Europe par le même trajet, mais cette fois-ci d’ouest en est, de l’Europe vers la Chine. Pas en vélo certes, mais en visitant sensiblement les mêmes bourgs et villes. Et de me rendre compte que l’histoire tient la route. Deux décennies n’ont apparemment pas changé grand chose dans cette région du monde qui, pour vivre et survivre aux aléas de l’histoire, à dû résister à tant de changements géopolitiques, non pas au fil des décennies, mais au fil des siècles.

PS Pour me faire pardonner de vous avoir parler de deux titres disponibles seulement en anglais, les prochaines lectures sont des titres français.

Mark Jenkins. Off the map : bicyling accross Siberia. Rodale books. 1992. Édition originale encore disponible. Ou en réédition, format de poche chez Harper Collins Canada. 1993.

jeudi 4 février 2010

Réunion de travail chez Urbanista


Bike Stack '09-2- 33, 2009 Oil monotype on paper 11" x 30" Taliah Lempert

Petite réunion de travail au blogue Urbanista : Suzanne est une cycliste urbaine roulant sur un Classico, qui s'est inscrite sur le blogue afin de devenir coauteure. Alec est éditeur du blogue et designer des vélos Opus.

Suzanne - Je participe au blogue Urbanista depuis quelques mois. J'avoue que la ligne éditoriale, telle que je la perçois, ou devrais-je dire plutôt telles que je perçois ses frontières floues, m'embête parfois.

Alec - Pourquoi?

Suzanne - Je ne suis pas toujours certaine que la note que je m'apprête à publier va cadrer ou pas...

Alec - Oui, il peut y avoir un certain flou, mais c'est ce qui permet de laisser évoluer le blogue sans mettre de limites trop contraignantes. Mais afin de ne pas s'éparpiller et de ne pas être un autre blogue cycliste, la ligne est relativement simple : vélo, urbanité, art et culture.

Suzanne - Je comprends et j'approuve complètement les choses qu'on essaie d'exclure (tourisme, revue de produits, etc.), des sujets qui sont abondamment couverts par des dizaines, voire des centaines d'autres blogues sur le vélo.

Alec - On n'exclut pas le tourisme, du moment qu'il s'agisse de découvrir d'autres réalités urbaines. C'est le cyclotourisme, les grands voyages en vélo qui ne cadrent pas avec le concept urbain de ce blogue. Pour ce qui est des revues de produits, on veut prendre une certaine distance avec le côté commercial. Toutefois, s'il s'agit d'un produit qui s'inscrit dans la philosophie Urbanista, et qui mérite qu'on en parle, il trouvera certainement sa place dans ces lignes. Le but de ce blogue est de promouvoir un état d'esprit, une philosophie, une approche du vélo en ville complètement différente par la pratique du "Slow Bike". Repenser le vélo, repenser le trajet, repenser le blogue.

Suzanne - Ce point aveugle qu'on essaie de couvrir m'est plus difficile à cerner. Peut-être parce que je ne suis pas très "branchée" sur les milieux de cet univers qu'Urbanista tente de définir, ou dont Urbanista tente de témoigner. Je me dis : Urbanista, c'est là où se conjuguent bicyclette (sa pratique) et culture. Pour moi, dans cette équation, la "culture", c'est au-delà de la culture livresque, musicale, picturale, visuelle, etc. Pour moi, la culture, je l'entends dans sa définition la plus large, l'ensemble de toutes les manifestations de l'activité humaine. Et pour le moment, c'est avec ça que je travaille. Alors, je crois que c'est ce qui fait que, parfois, je déborde... Dans le contexte précis du blogue Urbanista, quelle est ta définition de "culture"? Et comment ça se traduit, dans ce blogue, que de conjuguer "bicycle, art et culture"? Est-ce qu'on inclut tous les cas de figures : la "culture" des cyclistes, la culture à l'intention de cyclistes, la culture au sens de produits culturels faits par des cyclistes, etc. Ou la culture (produits culturels, pratiques) qui parle de cyclisme, peu importe son auteur, cycliste ou pas?

Alec - Effectivement, la culture est traitée au sens très large du terme. La culture ici est perçue comme l'ensemble des éléments périphériques à notre façon de vivre, et de surcroît, à notre façon de vivre en ville. Le vélo est une sorte de dénominateur commun des sujets traités, mais il ne s'agit pas tellement de cyclisme dans le sens d'activité, car en ville on ne fait pas de cyclisme, on utilise un vélo, ce qui est très différent comme état d'esprit. Et Urbanista veut pouvoir témoigner de cet état d'esprit.

Suzanne - J'ai repassé en revue les notes déjà existantes, celles qui précèdent mon arrivée, et ça foisonne de contenu très intéressant. Comment expliquer alors qu'il n'y ait pas plus de participants/auteurs? De commentaires? D'interactions? Avons-nous un train de retard : le blogue est-il mort? Est-ce que tout le monde est à surveiller le "ticker" de son Twitter? J'ai ma petite opinion là-dessus, mais j'aimerais t'entendre.

Alec - De voir des remarques, sur Facebook du genre : « Aujourd'hui, je suis en feu! » suivies de 40 commentaires tout aussi insipides me font frémir. Il est quelquefois frustrant de mettre autant d'énergie à bien écrire un billet et de ne susciter aucun commentaire. Mais je ne m'inquiète pas outre mesure, d'une part parce que le blogue est jeune encore et que les statistiques montrent que l'on est lu et relativement attentivement, car les temps de lectures sont bons. En fait, j'entends plus parler de nos billets et de notre blogue par d'autres canaux médiatiques. Je remarque alors que notre travail est apprécié. Quelle est ton opinion? Les blogues se font-ils supplanter par les autres canaux?

Suzanne - L'histoire des médias nous dit que l'invention/l'irruption d'un nouveau médium défini toujours ceux qui précèdent sans pour autant les mettre à mort. La photographie n'a pas tué la peinture, le cinéma n'a pas tué la photographie, internet ne tuera pas tous ces medias. Mais chacun est redéfini dans ce paysage plus vaste, et chacun ajoute à notre vocabulaire, à nos modes d'expression. De la même façon, oui, il est inévitable que le blogue soit redéfini par l'arrivée des autres lieux/médias sociaux, et les blogues ne sont qu'une forme de communauté virtuelle parmi plusieurs autres types de lieux virtuels. Je viens tout juste de lire un court article dans le dernier Wired, précisément sur cette question du blogue, de sa 'popularité', et de comment certains site deviennent presque victimes de la taille de leur auditoire. Trop peu d'interactions, c'est comme un petit cercle d'amis qui jasent entre eux. Trop de monde, et le lectorat se tait, parce que chaque interaction est noyée dans une mer de commentaires, notes, etc. Finalement, le blogue - communauté virtuelle - n'est pas différent d'une communauté réelle. Dans un petit village, tout le monde connait tout le monde, l'information circule rapidement, efficacement. Dans une grande ville, on est dans l'anonymat. Je pense que dans ce paysage médiatique où toutes les frontières sont brouillées, pour mieux se redessiner, le blogue a définitivement sa place. Un blogue n'est pas un fil de presse (à la Twitter). Si je regarde les quelques blogues/sites que je lis régulièrement, j'apprécie qu'il y ait là davantage que de l'information brute, c'est-à-dire une pensée, une ligne éditoriale, une sorte de valeur ajoutée à l'information. Il faut, de plus, comme auteurs de blogue, trouver un équilibre entre la fonction de méta-blogue (pointer en direction d'autres notes, d'autres sites sur la toile) et de chronique éditoriale.

Alec - Quel était ta perception du blogue Urbanista avant d'y adhérer?

Suzanne - J'ai trouvé l'équation vélo+culture très séduisante. Je suis probablement davantage une spectatrice de cet univers, qu'une actrice. Après avoir fait l'expérience du blogue en solo pendant quelques années, je suis devenue "écrivaine invitée" (guest blogger) sur d'autres blogues francophones et anglophones, mais qui ne portent pas sur le vélo. La perspective d'écrire dans un blogue à plusieurs (tel qu'indiqué dans la marge) ne m'intimidait pas. Mon défi est davantage le sujet lui-même. Sans doute qu'il y a aussi là-dedans pour moi un exercice de... vanité. (rires)

Alec - Que voudrais-tu que ce blogue devienne?

Suzanne - Je n'ai pas d'attentes sinon qu'il soit pertinent, qu'il soit lu, fréquenté, apprécié, et qu'éventuellement d'autres collaborateurs rejoingnent la petite équipe. Mais je ne veux ni ignorer, ni succomber à la tyrannie des statistiques de fréquentation.

Alec - J'ai hâte au printemps, alors que les vélos urbains reprendront possession des rues et que les éventuels coauteurs se manifesteront pour partager leurs expériences.
Après l'histoire du faux blogue Bixi, nous nous sommes posés bien des questions. Nous ne le cachons pas, Opus vend des vélos, mais en créant la ligne Urbanista j'ai senti qu'il y avait quelque chose d'autre, que ces vélos suscitaient un intérêt différent. C'est alors que l'idée de présenter le concept, la philosophie Urbanista nous est apparue intéressante. En s'éloignant du côté commercial et en se rapprochant du côté culturel, nous voulions témoigner de notre passion à créer des vélos et à offrir aux personnes qui ne pensaient pas utiliser un vélo sur une base régulière, quelque chose de différent.
Les blogues personnels suscitent bien plus de réactions. Penses-tu que les lecteurs sont réticents à commenter du fait que Opus est une marque?


Suzanne - Il faudrait leur demander... En fait, dans le fond, c'est peut-être "self-explanatory". On commente, on discute, quand il y a matière à débat, réaction, etc. (Exemple : la note sur le Pelle-t-in.) Sinon, on lit, et on continue sa route. Ce qui ne veut pas dire qu'on est indifférent. Pour preuve, on revient périodiquement.
Sur la question de la publicité/du commanditaire : la plupart d'entre nous fréquentons des forums de discussions, des sites, des blogues, autour du vélo ou de bien d'autres sujets, où la pub envahit la page, avec des "gif" animés du genre pub pour régime amaigrissant, ou plan d'investissement douteux; sorte de pollution visuelle irritante que l'on subit sans contrôle sur le contenu. S'il arrive que les gens se plaignent de ces situations, ils s'en formalisent rarement au point de boycotter ces forums, sites, blogues. Alors, entre cette situation là, où l'activité mercantile existe, mais d'une certaine façon occulte, à demie-masquée, et celle du blog d'Urbanista, où l'on est sous la bannière d'Opus, de façon ouverte, je trouve que des deux situations, celle-çi a au moins le mérite d'être transparente. En général je trouve que nous avons tous des rapports ambigüs et ambivalents à la pub. D'une part les gens sont irrités qu'un stade porte le nom d'une chaîne de pharmacies ou qu'un festival porte le nom d'une aluminerie ou d'un fabricant de voitures, mais d'autre part, beaucoup de gens affichent fièrement les logos/labels des vêtements et équipements qu'ils achètent... Patagonia, North Face, Knog, Cocotte, etc. C'est plutôt fascinant comme paradoxe.
À ce stade-ci, quelles sont tes attentes vis-à-vis du blogue Urbanista ?

Alec - C'est clairement de créer une communauté d'urbains, amateurs d'art et de culture et de vélo, et de partager, voire propager la philosophie du "Slow Bike". Mon but premier, en créant la ligne de vélo Urbanista, est de faire aimer la pratique du vélo autant à des cyclistes aguerris qu'a des personnes qui ne pensent même pédaler pour se déplacer. Pour cela, j'essaie de créer une émotion visuelle par l'esthétique et une sensation physique par le design et la géométrie. Je me dis que si on est attiré par son vélo, on aura plus facilement tendance à vouloir l'utiliser. Le but du blogue est aussi de transmettre cette idée, de l'expliquer et de témoigner de la passion créative qui nous habite, toute l'équipe, chez Opus.

Suzanne - Est-ce que tu crois que Montréal a une masse critique suffisante d'amoureux du vélo pour avoir un jour un évènement comme le Bicycle Film Festival ? Ou un autre évènement culturel d'envergure, lié au vélo?

Alec - Montréal est une ville extrêmement dynamique sur le plan culturel et créatrice de toutes sortes d'événements. Rien n'est impossible.
Allez, on retourne au boulot? On continue ce blogue?

Suzanne - Presto!

Oeuvres de Taliah Lempert
www.bicyclepaintings.com
Bike Stack 2009 #18-19 Oil monotype on paper 22" x 30"
Bike Stack 2009 2 #33 Oil monotype on paper 11" x 30"
Bike Stack 2009 #22-23 Oil monotype on paper 22" x 30"
Bike Stack 2009 2 #2 Oil monotype on paper 11" x 30"
Bike Stack 2009 2 #3 Oil monotype on paper 11" x 30"
Old Style Track Bike #6 on Wheat Screenprint on paper 6 x 7"
Lil' Print 18-My Bike on Gray Screenprint on paper 6.5 x 9"
Bronco Bike - Detail Oil on canvas 14" x 16"
Orient Sketch Oil on paper 27.5" x 39.5"

mardi 2 février 2010

Ouverture à l'année du Pont Jacques Cartier


Photo: Éric Constantineau

Le "Pellete-in", cette manifestation active du 28 janvier dernier, simulant le pelletage de l'entrée du pont Jacques Cartier, a suscité beaucoup de réactions. D'un côté par ceux qui demandent à ce que le pont, seule liaison Rive-Sud/Montréal pour les cyclistes et piétons, soit ouverte à l'année, de l'autre par ceux qui jugent que la faible fréquentation hivernale ne justifie pas les coûts additionnels d'entretien et jugent trop risqué de s'aventurer sur la voie cyclable du pont qui risque d'être glacée.

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