dimanche 20 décembre 2009

Cher Père Noël

Si ma vie se réduisait à être une cycliste, c'est-à-dire si, ne serait-ce que l'instant de cette note sur Urbanista, si je pouvais faire fi de tous les autres drames et misères du monde (qui sont, il va sans dire un tetragodzillion de fois plus importants et sérieux), voici ce que je mettrais sur ma liste pour le Père Noël :

Il y a à peine quelques jours, encore un accident impliquant vélo et voiture, à quelques coins de rue de chez moi sur la piste Molson. Donc, je demanderais moins d'accidents en 2010. Chaque incident en est un de trop. Et pour avoir été happée par un chauffard (non pas comme cycliste, mais comme piétonne) il y a de cela bientôt 18 ans, je parle par expérience. Corps humain VS véhicule en mouvement ? Nos chances sont toujours infinitésimales de s'en sortir vivant-e et/ou en état de poursuivre notre route, au propre comme au figuré. S'en est assez. Donc, que le Père Noël nous apporte de la vigilance en masse, tant comme cyclistes que comme automobilistes, vigilance de tous les instants, et beaucoup de gros bon sens aussi (le bon équipement, les bons comportements), et quelques bonnes grosses pelletés de civisme et de patience les uns envers les autres. Qu'est-ce qu'on a donc tous à courir pour gagner quelques secondes ici et là, pourquoi s'entêter à poursuivre cette course absurde vers un fil d'arrivée imaginaire ...

Je demande au Père Noël de mettre dans les bas de Noël de nos décideurs des cartes de pistes cyclables, et un rappel de toutes leurs belles promesses. De leur donner de l'insight, de la vision, pas juste des bonnes intentions. Penser la ville de demain autrement qu'en termes de patchage de trous, ou à simplement essayer de rattraper les besoins connus, c'est-à-dire les besoins d'hier. Il faut penser demain, être visionnaires bon sang! Un peu de courage politique pour ces messieurs et dames.

Ditto pour les responsables du déneigement sur les ponts et chaussées, afin que le 'réseau blanc' ne soit pas une vue de l'esprit, mais une réalité pour ceux et celles qui roulent à l'année. L'hiver est à peine entamé et c'est pitoyable, en particulier sur les rares liens fluviaux.

Sur une échelle plus personnelle, je demande au Père Noël de me donner le temps de réviser mécanique de vélo 101, pour que je sois un peu moins tarte quand je me pointe quelque part pour une réparation ou un ajustement.

Mais surtout, et plus égoïstement, je demande au Père Noël de me trouver un preneur pour mon tank (i.e. Batavus) d'ici le printemps, afin de financer le remplacement de mon Classico actuel pour un Opus avec suspensions. C'est que les rues de Montréal n'épargnent ni le popottin, ni le portable qui est parfois à bord.

Bon, là il faut que je sois super gentille pour avoir tout ça.
C'est dur dur d'être super gentille.
Tellement plus agréable d'être canaille.

Bons congés des Fêtes à tous!

Photographie : Bicycle and antique. Cathy Stanley-Erickson.
http://www.flickr.com/photos/madcitycat/ CC BY-ND 2.0

jeudi 17 décembre 2009

Projet "ArtBike"


Une idée plus graphique.... Le carbone est apparent!

mardi 15 décembre 2009

La Dolce Vita

Un peu de graphisme... Annonce pleine page pour le Nuovella, à paraître dans le magazine Momentum hiver 09.

Comme ce vélo était inspiré d'une Vespa des années 50, il était naturel d'illustrer le Nuovella dans un contexte visuel italien tel que celui de la dolce vita de Frederico Fellini. Marcello Mastroianni et Anita Ekberg

samedi 12 décembre 2009

À hauteur de selle

Dans une des scènes clés du très beau film La société des poètes disparus, le professeur – incarné par Robin Williams – fait la leçon à ses étudiants : tout est une question de point de vue et de perspective. Il leur demande de monter sur leur pupitre et de constater comment même la réalité la plus banale – leur classe – est différente envisagée à partir de ce nouveau point de vue. La question du point de vue, de sa singularité, se pose à chaque fois que l'on prend la parole, quelle que soit le medium choisi. Tout est affaire de point de vue, de perspective. Leçon qu'ils auront intégrée, comme l'illustre, mémorable, la scène finale du film.

L’histoire de la peinture est en partie, bien que pas exclusivement, une histoire de la représentation, une éducation du regard, et une interrogation sans cesse renouvellée de la question du point de vue. Pour exemple, deux contemporains. Picasso qui, visionnaire, illustre dans ses toiles cubistes la multiplicité et la simultanéité des points de vue. Pas joli joli, mais oh combien brillant! Je pense à l’artiste Allemand Gerhard Richter, dont le Musée des Beaux-Arts de Montréal possède une oeuvre de très grand format, et où l'on voit un paysage, flou, comme une photographie hors focus, une oeuvre qui brouille du coup les frontières entre peinture et photo. Meadowland est une de ces toiles qui fonctionne un peu comme ça.

Et le vélo dans tout ça !!!??? me direz-vous.

J'y arrive.

Plus près de nous, le canadien Alex Colville, un peintre hyperréaliste, nous donne souvent à voir ce que plusieurs fins observateurs auront appelé le low-car-seat level. En effet, quand on regarde certaines de ses toiles, on a l’impression de voir la scène comme si on était assis en voiture, arrêté en bordure de la route, observant la scène alors qu'on est à cette distance précise du sol.

C’est en fréquentant des photoblogs de cyclistes-photographes que j'ai repensé aux oeuvres de Colville et à son point de vue singulier d'automobiliste Nord-américain qui voit la vie de sa voiture.

Si on entend par point de vue, un discours politique, il ne fait aucun doute qu'il existe un et même des points de vue cyclistes. Mais ici, je ne fais pas référence au discours politique. Plus bêtement, je me demande si on peut identifier un point de vue bike-seat-level , en regard à "hauteur de selle" ?

J'essaie de porter attention au style photo des cyclistes-photographes, je cherche à reconnaître une esthétique qui leurs/nous serait commune. Une sorte de signature visuelle, faites de plusieurs éléments qui pourraient s'y retrouver ou pas. La crystalisation d'un regard qui lit la ville et ses objets à partir de la vie à vélo, une représentation de la ville qui ne serait ni celle de l’automobiliste ou du piéton, une esthétique visuelle propre à la gente autopropulsée. Tant dans la manière que la matière de cette photographie là. Des thèmes, des cadrages, un registre - la proximité, un rapport plus intime aux lieux, une vision en mouvement, etc.

Je dis ça comme ça. Peut-être que c'est du délire. Peut-être que c'est déjà l'effet du manque de vélo. L'hiver va être long...

Sources/crédits (dans leur ordre d'apparition) :
Jeremy Hugues. Condor in the snow. Jeremy Huges's photostream sur Flickr.
Alex Colville.
Cyclist and Crow. 1981. (Tiré du catalogue en ligne du MBA de Montréal).
Pörrö. Vauhissa. 2007. The thrill of Cycling sur Flickr.

jeudi 10 décembre 2009

Privatopia

À la fin de mon secondaire, je me souviens d'un prof qui nous a fait tellement suer dans le cours de géographie. Il s'était mis en tête de nous apprendre ce que c'était le phénomène urbain, alors que ce n'était pas au programme. Juste parce que ça le branchait. Juste parce que lui, il était à faire des études en urbanisme. Bref, pendant que les autres groupes se la coulaient douce, nous on trimait dur, et on était vraiment ... cancres. Pauvre prof de géo. Comme il devait nous trouver p-é-n-i-b-l-e-s. Et paresseux. Et empotés!

Je dois donc à son acharnement le fait que je peux à peu près réciter le nom de toutes les ex-républiques Soviétiques, devenues aujourd'hui autant de pays aux statuts flous et instables, constament dans l'actualité politique du village global, ainsi que toutes les provinces de Chine. C'est qu'il était visionnaire notre prof de géo, et qu'il savait que ces coins du globe seraient des points chauds.

Mais surtout, surtout, je lui dois de pouvoir comprendre une ville, du moins en partie, et ce avant même d'y débarquer. Il nous a appris à décoder la ville, à lire les cartes, comprendre les zones, l'organisation, la dynamique d'une aglomération urbaine. Un miracle que tout ça me soit rentré dans la tête!

La ville, c'est une bibitte plutôt complexe. Et si on ajoute à ça les banlieues, le phénomène de l'étalement urbain, les cas de figures sont légion.

Quand on est à vélo, on parcours la ville. Non seulement on prend la mesure de l'espace, des distances, mais on prend vraiment acte, physiquement acte, de la transformation de cet espace au fil des projets, des développements, des réaménagements.

On observe récemment des phénomènes qui font beaucoup réagir dans le grand Montréal. Je pense au quartier Dix30 de Brossard. Au projet Griffintown à Montréal. A la multiplication des quartiers de MacMansions - genre de méga-bungalow sur les stéroïdes, apothéose du consumérisme.

La ville, en particulier la ville nord-américaine, c'est un langage complexe. Bien sûr, il existe 73,247 livres sur le sujet. Mais la vie est courte. On peut pas tout lire. Alors, pour avoir un peu plus prise sur ce glossaire, voici un petit dictionnaire visuel, concis, percutant :
A field guide to sprawl (traduction libre : guide d'interprétation de l'étalement urbain) dont les textes sont de Dolores Hayden et les photographies de Jim Wark.

Principalement composé de photographies pleine pages, ce petit guide se feuillette avec bonheur. C'est qu'on a enfin des mots pour nommer cela même qu'on a vu de nos yeux vu! Cela même qu'on aurait peut-être envie de... dénoncer. Et pour ça, ce serait bien pratique de pouvoir nommer la dite chose qui nous irrite. Comme ces quartiers conçus sans aucun trottoir pour les piétons. Ou les centres commerciaux lovés dans la bretelle d'un autoroute, encore un lieu inaccessible aux cyclistes et aux piétons.

Des mots pour articuler nos désirs de commerces de proximité, de quartiers sécuritaires, de densité de population en milieu urbain, pour que ne meurt pas la ville centre au profit des banlieues. Pour que les banlieues elles aussi soient des milieux de vie à échelle humaine.

Une Privatopia, c'est un quartier à accès limité, où des lois et règlements sont édictés et suivis par les résidents, soit sous prétexte d'une plus grande sécurité pour chacun, ou dans le but de regrouper des ménages partageant le même statut social élevé.

PS Le guide n'est pas traduit pour le moment, mais comme il s'agit d'un glossaire visuel, la lecture en est assez aisée.

mardi 8 décembre 2009

Votre opinion...

Pour mieux évaluer le projet, j'aimerais avoir votre opinion à propos du projet ArtBike :

"ArtBike", ce sont des cadres de vélo sur lesquels je vais m'exprimer librement en peinture. Chaque cadre sera une oeuvre unique.

On peut certes accrocher un de ces cadres peints sur un mur ou l’exposer sur un piédestal, mais aussi assembler un vélo complet et aller rouler. Art mobile, art en mouvement, tous les descriptifs sont possibles !

Une première série sera créée à partir du stock de cadres monocoques carbone d'Opus. Cette première série de cadres artistique sera inspirée de la série des "Formes Noires". Il y aura aussi certainement quelques incartades dans d'autres styles, selon l'inspiration du moment. C'est ce qui fait l'unicité de chaque cadre.

La préparation des cadres, ainsi que leur finition sont assurées par un atelier spécialisé dans la peinture de cadre de vélo, afin de faire en sorte que l’œuvre finale soit aux normes de qualités de l’industrie cycliste. Il s’agit vraiment d’art et de technologie.

Esquisses






Quelques esquisses pour le projet ArtBike pour donner le ton de ce que peut être le projet. Bien sûr en réalisant des peintures directement sur les cadres, il va se passer des choses indéfinissables que seul le processus artistique peut expliquer.
J'ai aussi envie d'expérimenter d'autres avenues beaucoup plus graphiques. "Work in progress" comme disait l'autre!

lundi 7 décembre 2009

Artiste en vélo - Melsa Montagne

3 questions à propos du vélo ont été posées à différents artistes.



Melsa Montagne est une jeune peintre montréalaise dynamique et créative qui s'est joint, il y a quelques années, à un concept de duo musique et peinture, le groupe Acrylique Acoustique. Le vélo est pour elle un art de vivre. Il fait partie inhérente à sa vie urbaine.
www.melsa.ca



Q - Melsa, qui êtes-vous?

Melsa Montagne - Authentique et spontanée, je trouve mon inspiration à travers les réactions et les émotions que projettent les gens. Le personnage singulier m’inspire. Une simple promenade dans mon quartier me fait souvent créer deux ou trois œuvres. Travaillant rapidement et sur plusieurs œuvres en même temps, mon choix de médium s'est vite fixé sur l’acrylique. Je recherche beaucoup le retour à la toile lorsque qu’une profondeur s’installe. Je vais mixer le « dripping » aux aplats de couleurs plus graphiques que je fais préalablement. J’utiliserai alors l’encre de chine noir, pour cibler et pour accrocher l'oeil sans pour autant laisser une note malheureuse.

Constamment à la recherche de contrastes forts et signifiants, je m’inspire beaucoup d'anciennes sérigraphies et d’illustrations. Le résultat de certaines de mes erreurs me donne une ouverture sur d’autres avenues. Elle m’aide à créer. Mes œuvres témoignent d’une conscience de la matière. J’y incruste des collages noirs et blancs d’architecture que j’ai pris en photo. Mais mon geste reste souvent spontané.

En 2005, je me propulse dans l’univers public et y prends goût. Développant une aisance à créer rapidement une œuvre en direct dans divers événements, je me joins au musicien Sébastien Moreau, guitariste, du groupe Acrylique Acoustique pour poursuit cette recherche en donnant mensuellement des spectacles à travers le Québec. Parallèlement, j’expose par-ci, par-là, dans les régions de Montréal.

Q - Pour vous, que représente le vélo?

Melsa Montagne - Le vélo est pour moi un idéal de transport, une liberté sur deux roues! J’ai une sensation d’appartenance sur mon guidon… je me sens moi! C’est mon indépendance.
Il est lié à un certain confort, une habitude de vie qui fait bouger. J’adore pédaler et avancer sur la route où l’on ressent l’impact direct de la nature. C’est tellement plus motivant pour continuer à rouler. Peu importe l’état et la sorte de bécane, il est MON mode de déplacement, autant pour le travail que pour le loisir.
Si on parle environnement, je n’ai rien d’autre à dire que dans le meilleur du possible, on devrait tous se déplacer en vélo. Il n’y a que des avantages! Je vous mets au défi de venir me dire qu’il est impossible dans votre cas de l’utiliser pour certains de vos déplacements, et je vous trouve une solution!

Q - Quelle influence a le vélo sur votre quotidien et/ou sur votre création?

Melsa Montagne - Je n’ai pas besoin d’un but spécifique pour prendre mon vélo. L’amour du vélo m’est assez imprimé pour avoir toujours envie de le prendre.
Côté transport, pour l’efficacité versus temps du vélo à titre de rendez-vous, c’est génial! C’est le temps de sortir ses talents de planification d’horaire...

Il me donne satisfaction émotionnelle, psychique et physique.
Juste pour la sensation physique intérieurement lorsqu’on a est arrivée à destination et qu’on reprend son souffle. Quel bien fait! Plus je pédale, plus l’envie de créer me prend et je suis prise entre l’envie de continuer celui de peindre. Alors, j’ai souvent les 2 avec moi, dans mon sac à dos! Je me dois d’avoir un porte-bagages spécialement conçu pour le transport de mes œuvres lors de mes accrochages et décrochage pour mes expositions. Quel bonheur mon autonomie aurait!

Q - Comment le vélo vous fait voir la ville?

Melsa Montagne - J’opte pour le trajet différent chaque fois que je vais quotidiennement à un endroit. Tout est près en ville et il y a tellement à voir qu’on ne peut se limiter à un chemin.
Spontané, le vélo me suit… là où je ne sais pas où je vais… et je découvre. La ville est meilleure et authentique si on la prend telle qu’elle est, lumineuse, brumeuse, froide ou chaude. Le vent nous dit : « habille-toi en conséquence! »






crédits photos et films
- Dans l'atelier : Marjolaine Dionne
- Peinture en direct (avec caméraman à côté) : Simon Gaudreau
- Peinture en direct (mes mains qui peind en bleu)
: David Fraser
- Peinture en direct (avec la ''guenille'') : David Fraser
- Peinture en direct (le visage violet) : David Fraser
- Exposition au Barbare : Karine Léger

- Vidéo / teste de texture, séquences photos : David Fraser

Fermeture du pont Jacques-Cartier

« Avec l’arrivée du temps froid, ainsi que sur la base des prédictions météorologiques d’Environnement Canada pour les prochains jours, la piste cyclable située du côté ouest du pont Jacques-Cartier et le trottoir situé du côté est du pont fermeront officiellement pour la saison 2009, tôt en matinée (5h) ce mercredi 9 décembre. Nous vous aviserons au printemps, lorsque la piste sera à nouveau ouverte. Bon hiver à tous. »

Jean-Vincent Lacroix Conseiller - AGC Communications

Photo : Alec

jeudi 3 décembre 2009

L'art urbain au quotidien



Ce dessin est de Gabi Campanario, un illustrateur qui fait partie du collectif Seattle Urban Sketchers, le dit collectif faisant partie d'un regroupement plus grand encore du nom de UrbanSketchers.

Les règles y sont simples. Peindre, dessiner 'sur le motif' (i.e. jamais d'après photo), au quotidien, dans la ville, et partager ses dessins avec d'autres artistes de partout dans le monde.

Les dessins, comme le nom du collectif l'indique nous présentent des scènes croquées chaque fois en milieu urbain, qu'il s'agisse de leur ville d'origine ou d'une ville visitée en voyage.

Ce site est une vitrine extraordinaire de vignettes croquées sur le vif, dans un café, sur une place publique, un intérieur, des portraits, des vues, très souvent des croquis architecturaux, mais aussi et surtout une gallerie de gens talentueux, créatifs et inventifs. On y prend vraiment le pouls de la vie urbaine, et le regard des artistes sur cette même vie urbaine, puisque leurs dessins opèrent une découpe dans ce monde foisonnant.

Pour moi qui suis si peu habile en dessin, c'est comme de suivre un cours puisqu'on y trouve très souvent, côte à côte, le dessin et le modèle. Tous les mediums y sont représentés, dont de magnifiques aquarelles, et, maintes fois, comme ici, le sujet est un vélo ou des gens à vélos, puisque la bicyclette est une bête urbaine qui vit partout sur la planète.

Pour le moment, je n'y ai repéré qu'une artiste de Montréal, Juliana Russo, et son choix de motif ne pouvait être plus montréalais... (voir à droite)

Les artistes qui souhaitent contribuer à UrbanSketchers sont d'abord incité à montrer leurs dessins dans le 'pool' Flickr des Urbansketchers, et de là, ils pourraient se voir inviter à participer au site principal.

Je trouve que dessiner sa ville, la vie urbaine quotidienne qui s'y déroule sous nos yeux, ce n'est possible que si l'on prend le temps de s'arrêter, que nous déambulions à pied ou à vélo. Écrire, dessiner, photographier, sont donc pour moi des vecteurs de cette préhension différente de la ville, une où la lenteur est souhaitée et célébrée.

NB Le site UrbanSketchers est abondament nourri par ses participants, et le fil des notes (des dessins) y défilent rapidement. Si vous n'y aller que rarement, attendez-vous à avoir à retourner en arrière (en cliquant sur 'old posts' au bas de la page) parce que l'ergonomie du site est telle que l'écran principal ne contient que très peu d'entrées récentes.

lundi 30 novembre 2009

L'hiver frappe à la porte

L'hiver frappe à la porte. Les vélos, pour la plupart d'entre nous, sont remisés. Et la longue attente du retour des jours chauds recommence. De quoi se morfondre, s'ankyloser, envier les villes profitant d'un climat plus clément qui permet de rouler toute l'année.
Cette pause forcée est certes frustrante, mais c'est l'occasion de réfléchir sur le fait que le déplacement vélocipédique urbain est bien plus qu'un simple transport. C'est un mouvement dans tous les sens du terme. Et c'est aussi durant cette période que l'on mesure à quel point le vélo nous simplifie la vie, car privé de ses services, les déplacements deviennent bien plus laborieux.
Le froid nous fait baisser la tête et plisser les yeux. On va perdre pour quelque mois un certain niveau de regard sur ce qui nous entoure, cette observation sereine de notre environnement immédiat.

D'un autre point de vue plus pragmatique et plus positif, c'est aussi l'occasion de donner à notre fidèle monture un brin de jeunesse en le nettoyant soigneusement avec un gant en ratine, car c'est un excellent passe-partout, un peu d'eau et de savon doux. Par cette opération, on pourra bien observer notre mécanique sous toutes ses coutures et déceler plus facilement ses besoins imminents, c'est-à-dire les ajustements nécessaires ou les pièces à remplacer.
Et puis, sachant que notre vélo est fin prêt pour le printemps, on aura plus facilement l'occasion de le sortir sitôt la température adéquate revenue.

Station Baïkal
acrylique sur toile - 2007 - 24" x 36" (
61,0 cm x 91,4 cm)
série "Formes noires" www.alec5.com

samedi 28 novembre 2009

L'art comme valeur refuge

C'est bien connu, en temps de crise économique, ou de troubles politiques, les fins investisseurs collectionnent des oeuvres d'art. J'entend cependant l'art comme valeur refuge dans un autre sens. Quand le sens déserte nos sociétés, que nous sommes entourés de commissions d'enquête sur la corruption, et qu'il semble que toutes nos institutions foutent le camp, l'art, l'objet d'art, est imperturbable. Il tient la route. Je dirais même qu'il est un phare, une bouée de sens. Et bien entendu, il est aussi et avant tout plaisir des sens.

Alors, vous n'osez plus écouter les nouvelles télévisées ou suivre votre fil de presse sur Twitter et autres médias sociaux ? Votre banquier vous verse des intérêts homéopatiques sur votre maigre pécule ? Enfourchez votre monture, et pédalez jusqu'à l'expo-vente 'Prêt-à-emporter' du centre d'artistes autogéré L'Atelier circulaire. Ce centre, situé dans le Mile-End, offre sous un même toît, et depuis plus de vingt ans des lieux de production, de formation et d'échanges pour des estampiers québécois et d'autres latitudes.

La vente a lieu dans la gallerie qui elle se trouve au rez-de-chaussée du 5445 De Gaspé. Lors de cette expo-vente, vous y ferez de bonnes affaires, puisque toutes les oeuvres sont à 100$ et moins. Des oeuvres d'artistes de renom, et d'artistes émergents.

L'évènement en est à sa 4e édition, et pour y être allée à chaque année, je puis témoigner de l'engouement qu'il déclenche tant chez les connaisseurs que les néophytes, qu'ils et elles soit des collectionneurs ou non. C'est également une occasion magnifique pour dénicher des cadeaux à offrir à des êtres chers, tout en évitant la cohue des centres commerciaux.

L'oeuvre reproduite ici est de Jacinthe Tétreault, et cette oeuvre fera l'objet d'un tirage lors de l'expo-vente.

vendredi 27 novembre 2009

La forme d'une ville

Il n'existe nulle coincidence
entre le plan d'une ville

dont nous consultons le dépliant
et l'image mentale qui surgit en nous,
à l'appel de son nom,
du sédiment déposé dans la mémoire
par nos vagabondages quotidiens.


Julien Gracq, La forme d'une ville.
Éditions Josée Corti, 1983.

J'aime les cartes. Cartes de villes, de comtés, de pays, de continents, des cartes anciennes jusqu'aux images satellite de Google Earth, elles me font rêver, voyager, comprendre. Je peux passer des heures à regarder des cartes et des atlas, y lire les informations qu'on y trouve, mais aussi plus simplement, plus ludiquement, apprécier leur esthétique, leurs codes. Mes préférés, les cartes topographiques, dans leurs dégradés de vert, et les cartes marines, dans leur dégradés de bleu. Elles sont tout à la fois géographie, histoire, science et art. On regarde des cartes avant de partir, et on essaie de s'imaginer la forme de la ville à découvrir. Puis, au retour, cette même carte évoque tout à coup en nous tant d'images, de saveurs, d'odeurs, de lumières. C'est magique.

Depuis quelques temps, j'ai un petit boulot de plus, je travaille dans une librairie grande surface quelques heures par semaine. Parmi les lecteurs qui la fréquentent, des gens qui préparent un voyage et qui viennent y chercher des guides. Invariablement, ils m'informent de leur destination, et invariablement, je leur demande : oui, mais quelle(s) villes(s) visiterez-vous dans ce pays ? Parce que je ne peux m'empêcher à chaque fois de leur suggérer une édition de la magnifique série Cartoville.

Ce n'est pas en préparant un voyage que j'ai découvert cette collection, mais bien en m'apprêtant à recevoir à Montréal, des amis en provenance d'Europe. J'avais fait l'acquisition du petit Moleskine noir de la série City Notebook, édition Montréal, que j'avais bourré de bonnes adresses pour eux. Et j'avais maintenant aussi à leur offrir la Cartoville pour Montréal. Mais au-delà de l'aide précieuse que peuvent représenter ces deux outils pour des visiteurs étrangers, c'est une façon exceptionnelle de voir Montréal pour ceux et celles qui y vivent, depuis peu ou depuis toujours.

Puisque quand on vit dans une ville de la taille de Montréal, et particulièrement si on la parcours à pied ou à vélo, on découvre sans cesse de nouveaux coins, de nouveaux voisinages, de nouveaux quartiers. Et cette très belle et si bien pensée série Cartoville est toute indiquée pour la marche ou le vélo puisqu'il s'agit de tout petits livres qui ne pèsent pas lourds, et qui nous exemptent de traîner aussi une carte, plus encombrante, moins pratique. Le concept est simple, chaque page comporte une carte dépliable qui double la surface du livre. Chaque carte est accompagnée de vignettes décrivant les lieux suggérés, répertoriés.

Pourquoi citer Gracq, un auteur qu'on ne lit presque plus ? Parce que cet ouvrage, La forme d'une ville, est, il me semble, un essai formidable sur le comment une ville nous fait, un exposé, dans un français certe un peu suranné, mais combien riche et précis, de la fonction matricielle des lieux qui nous on vu naître et grandir. À lire pour mieux comprendre la ville et son influence sur soi. Disponible en d'autres éditions, plus récentes, que celle mentionnée plus haut.

Je profite de ma note pour vous envoyer voir un photoblog (oui, un autre photoblog!) des plus rafraîchissants, soit le site 416cyclestyle.com. Gallerie de photographies mettant en scène tout simplement des gens à vélo dans la ville, au quotidien. Le '416', faisant référence à l'indicatif régional de la ville de Toronto, ce sont donc des cyclistes Torontois qu'on y voit. Cette diversité, et leur ingéniosité, me décroche chaque fois un grand sourire. Et dans la grisaille de novembre, qui peut dire non à ça ?

Bonne lecture et bon vélo!

jeudi 26 novembre 2009

Expositions

Profitant qu'il ne fasse pas encore trop froid, enfourchez votre fidèle monture et pédalez pour aller voir deux expositions. En fait, voir une exposition, puis aller manger ou boire un verre en regardant une autre exposition :

Karine Léger - exposition de photos (solo)
du 2 octobre au 28 novembre 2009
à la Galerie du Studio Bizz
551, avenue Mont-Royal Est (3e étage)
Montreal, QC





Melsa Montagne & Karine Léger
'' un duo '' de peinture sans vernissage! La visite se poursuit jusqu'au 4 décembre. Vraiment sympathique pour aller prendre un verre!!
du 5 novembre au 4 décembre 2009
Restaurant Le Barbare
4670, St-Denis, Rue Saint-Denis
Montreal, QC

mercredi 25 novembre 2009

Deux pigeons


Photo : Alec

Deux pigeons
Original du texte paru dans le magazine VéloMag, hiver 2009

— C’est beau ici, non? Tu viens souvent?
— Quand j’en ai marre des petites vieilles du parc et de leur maudit pain blanc pas de croûte.
— Quoi? T’es du genre pain brun multi-grains?
— Si tu veux. En fait, je viens regarder les cyclistes, en bas, sur leur belle piste cyclable.
— Qu’est-ce que tu leur trouves aux cyclistes?
— Ils sont très divertissants, voire édifiants. Je les aime bien parce qu’ils ont l’air complètement perdus.
— Pourquoi tu dis ça?
— Regardes-les. Ils vont de tout bord, tout côtés, même si c’est une piste soi-disant cyclable, même s’ils se sont établi des règles, édifié des codes. Ils ont l’air de rouler chacun pour soi, mais en groupe.
— Ouaip! Tu trouves pas qu’ils nous ressemblent un peu, non?
— Soit pas insultant!
— Dis-moi pas que sur le parvis de l’église, à côté, quand on est toute la gange, on a l’air organisé.
— Notre chaos, mon cher, est parfaitement justifié, on est des pigeons!
— On pourrait dire la même chose d’eux, non?
— Oui, mais eux ne le savent pas.
— Qu’ils sont désorganisés ou qu’ils sont des pigeons?
— Et puis je les aime bien parce qu’ils ne puent pas et qu’ils ne font pas de bruit. J’en ai tellement marre du bruit.
— Va à la campagne!
— T’es fou! Je connais personne.

— T’as déjà fait ça…?
— Sur des cyclistes? Non, c’est chien! Sur des voitures, par contre…
— T’aimes pas les voitures?
— Les cyclistes font plus attention à nous.
— Tu penses qu’ils nous respectent?
— Non, mais eux, au moins, ils ont le temps de nous voir. Et puis regardes-les bien, ils sourient. C’est pas beau ça!
— Il y en a qui affichent un sourire, oui, mais d’autres, ça a plutôt l’air d’une crispation.
— C’est vrai, il y en a qui savent pas bien pédaler et qui force pour rien. Trop petit pignon, madame!
— T’a déjà fait du vélo?
— Je suis un pigeon, patate!
— …
— Quoi?
— J'ai rien dit!

mardi 24 novembre 2009

Young Indy


Opus Rambler 2009

Pour faire suite à l'inspiration, voilà un vélo, ou plutôt une version d'un concept de vélo qui nous trottait dans l'esprit depuis un moment. La question était : pourquoi ne pas faire un vélo de type Urbanista pour les jeunes? Un vélo de petite taille avec des roues de 24"? La réponse est le Rambler. Vélo atypique pour ce genre de jeunes cyclistes, on en convient mais, justement, pourquoi pas faire les choses différemment?
Si le Cervin est inspiré d'Idiana Jones, le Rambler est vraiment le "Young Indy" de la série.
Et pourquoi pas une version du Nuovella pour jeunes filles?

vendredi 20 novembre 2009

Préparation hivernale



En passant en vélo devant cette maison, j'ai pensé tout de suite que le propriétaire avait dû être inspiré par les oeuvres de Christo, cet artiste qui emballe l'impensable, tel le Reichstag à Berlin ou le Pont-Neuf à Paris. J'ai rarement vu une telle préparation hivernale pour des arbres. Ça rappel justement les "wrapped trees".
Je me suis alors posé la question à savoir si Christo avait déjà emballé un vélo. J'ai cherché mais n'ai rien trouvé.

Comment prépare-t-on un vélo pour l'hiver? Oui, oui, il y a plein de façon pour le préparer à affronter les intempéries, les froids glaciaux, le sel et j'en passe. Mais non, je pensais plutôt aux personnes "normales" qui ne sont pas des gladiateurs polaires, des forçats du facteur éoliens, des téméraires de la glace vive, celles qui laissent sagement se reposer leurs fidèles coursiers, celles qui cherche plutôt la meilleure façon d'entreposer leurs bienveillantes et non moins bien vaillantes montures.
C'est vrai, un vélo en hiver, si on ne l'utilise pas, ça prend de la place.

Si on a la chance d'avoir une remise extérieure, c'est déjà cela. Mais un vélo, c'est comme un bon vin, ça n'aime pas plus que cela les écarts de température ni les fluctuations d'humidité. Une remise intérieure, chauffée, c'est l'idéal. D'ailleurs, pour les plus fins finaux, sachez qu'un cadre en aluminium qui se repose à une température tempérée durant une longue période, équivaudrait, semble-t-il, à un traitement thermique tel que pratiqué sur la pluspars des cadres en aluminium, le fameux T6.
Ce traitement se fait en quelques minutes, voire heures, à de relativement hautes températures dans des fours autoclaves. Le fait de laisser reposer l'aluminium longtemps à une température normale ferait le même travail. Vous retrouverez dont votre fidèle vélo ragaillardi le printemps revenu. Légende urbaine? Peut-être, mais j'ai déjà constaté le fait et effectivement mon cadre semblait plus rigide.

Mais la meilleure solution d'entreposage est, selon moi (!) que si vous trouvez votre vélo particulièrement beau, pourquoi ne pas l'intégrer à votre décoration d'intérieure, avec un subtil éclairage qui le mettra en valeur, telle une oeuvre d'art. D'ailleurs, la température de la lampe... OK, ok, on a compris!

P.S : une pensée pour Christo qui vient de perdre, le 18 novembre, sa collaboratrice de toujours, Jeanne-Claude.

Crédit photo :
Wolfgang Volz www.christojeanneclaude.net

jeudi 19 novembre 2009

Le style hollandais magnifié

Wytze's graduation project for Cannondale from Eelke D. on Vimeo.

Magnifique exercice de style par l'étudiant gradué de l'Université de Delft, en Hollande, Wytze van Mansum. À noter : les garde-boue sans tiges, soudé au cadre et à la fourche, ce qui épure encore plus le style. La transmission intégrée et ce pédalier évidé. Vraiment superbe. Bémol pour la direction qui semble légèrement instable. Dièse pour l'ingéniosité du système d'antivol. Par contre, le vélo ne semble pas avoir de frein! Ah, j'oubliais, c'est un concept! Sky is the limit!

mardi 17 novembre 2009

Art crank



ARTCRANK

Voici une expression vivante de l'amalgame possible entre art et bicyclette. Graphistes, artistes et amateurs vélocipédiques se sont rencontrés lors de l'exposition ART CRANK à Minneapolis. Cette exposition s'est déplacée par la suite à Denver, Saint-Louis, Portland et Sans Fransisco. Chaque exposition invitait aussi des artistes locaux à venir présenter leurs créations.
Cette exposition itinérante a suscité un très grand intérêt comme en témoignent les images de ce reportage produit par ArtCrank.

vendredi 13 novembre 2009

Dans le jus !




Tellement dans le jus avec la création de la ligne de vélos 2011 (oui, oui, 2011 !) que je n'ai à peine le temps de faire autre chose, et même de penser à autre chose! Et la gamme 2010 qui arrive en décembre (pour certains modèles) en magasins! Sommes-nous encore en 2009 ? J'ai tendance à me tromper lorsque je dois écrire la date quelque part. On vit une époque formidable, ou une époque de fous! C'est selon. Bref, c'est une période de création très intense! Même pas le temps d'écrire sur ce blogue. Une chance que notre vaillante co-auteure, Suzanne, est là !!

Et là dessus il y a le Projet Artbike, avec de nouveaux développements... prometteurs ? Exposition en galerie ? À suivre !!
Sitôt cette période passée, je vais pouvoir me lancer allègrement dans la peinture artistique de cadre de vélo.

lundi 9 novembre 2009

Lecture de l'odomètre

La belle saison n'est pas terminée, mais on ne peut être dans le déni complet : elle tire à sa fin. Je passe en revue quelques objectifs que je m'étais donnés pour cette année. Mon bilan est plutôt positif. J'ai principalement utilisé mon vélo au détriment de la voiture. En fait, étonnament, beaucoup plus que je ne l'aurais cru possible au départ. J'ai aussi étendu mon rayon d'action, ajoutant à mes trajets habituels d'autres que j'aurais faits en voiture par le passé. Ma foi, je suis plutôt fière de moi. Sauf pour une chose. Un objectif non-négligeable. Pour ne pas dire le plus important de tous. Et pour cet objectif, c'est un quasi échec. C'est que j'aimerais ralentir. Ou devrais-je dire r-a-l-e-n-t-i-r. Ce pas qu'une mince affaire que de ralentir quand tout autour de nous file à toute allure, les voitures, les autres cyclistes, le temps. Je voulais partir plus tôt le matin, prendre mon temps, et au retour, flâner, trainer, changer de trajets, varier les trajets. Mais c'est un conditionnement si profondément enraciné que j'ai très peu réussi à ce chapître, dans le train train quotidien. Oh, je n'ai pas de peine à être méditative un beau dimanche après-midi, ou un samedi sur une piste cyclable quelque part en rase campagne. Ce n'est pas là qu'il y a un problème. Ce qui mine, c'est le stress lié aux trajets quotidiens en milieu urbain. Et c'est ce rythme là que j'ai peu infléchi. C'est donc un bilan mitigé pour moi.

Et vous, vous arrivez à ralentir ?
Vous avez des trucs pour ne pas suivre le troupeau des gens pressés ?

En terminant, un addendum à une note précédente : pas que je ne sois plus mercantile qu'une autre, mais j'avais entendu dire que si on utilisait son vélo de façon importante (beaucoup de km) pour aller au boulot, ça avait une incidence significative sur la prime d'assurance de son véhicule automobile, puisque du coup, ça diminue les km faits en auto. J'apprends donc ce matin que mes quelques 3000 km de vélo-boulot de cette année réduiront ma prime d'assurance auto d'un beau gros 53$ par an, soit environ 1$ par semaine. Je crois que les assureurs ont du chemin à faire, pas mal de chemin à faire - sans mauvais jeu de mots - avant d'appeler ça un incitatif. Vaut mieux en rire!

Crédit photographique : http://www.flickr.com/photos/sosico/3729900060/ / CC BY-NC-ND 2.0

vendredi 6 novembre 2009

L'inspiration


Urbanista Nuovella 2010 - Photo : Marc Dussault

On me demande souvent d'où vient l'inspiration lors de la conception d'un vélo. Hormis le fait d'ingénierie inhérente à la conception de tout véhicule, pour ce qui est du concept, du style et de l'esthétique du vélo, cela peut venir de partout. Que ce soit un détail architectural, un design de meuble, une tendance en couleur, une photographie, un thème musical, un vêtement aperçu dans la rue, une carrosserie de voiture, un avion, un mot, un nom... Tout est sujet à l'inspiration. Paradoxalement, j'ai tendance à vouloir m'éloigner du monde cycliste pour puiser plus librement dans des sources créatives variées. Mais lorsqu'un thème se cristallise, c'est alors que, pour moi, le vélo prend tout son sens.

Le Classico est le premier vélo dessiné pour la série Urbanista. C'est un exercice de néoclassicisme. Il était évidemment inspiré des vieux vélos hollandais, mais j'avais envie de les rendre plus légers et efficaces, d'où l'utilisation de l'aluminium.

Pour sa version pour femme, le simple fait de retourner le tube horizontal lui confére un style féminin.


Pour le Cervin, c'est Indiana Jones! En fait pas tant le caractère du personnage que sa palette de couleur. Bon, aussi le côté aventurier! C'est pour cela que le Cervin est habillé de cette couleur beige au fini sablé rappelant les véhicules du désert.

Cette couleur avait eu beaucoup de succès auprès des femmes lors de la première année du Cervin pour homme. Il était donc logique d'habiller le Cervin pour femme de cette couleur au fini si particulier.


Le Zermatt, pour sa part, c'est les militaires Suisses des années 30 sur leurs vélos indestructibles. Vert mat! Pourquoi les militaires Suisse? Parce que c'est aussi farfelu que d'avoir une armée Suisse!

Par contre, le Zermatt pour femme ne pouvait arborer la même sévérité. Il revêt donc une couleur plus sensible, plus douce : un vert antique métallisé, au fini satiné.


Pour le Nuovella, c'est la Dolce Vita de Fellini. Du coup, j'ai pensé aux fameuses Vespa italiennes. C'est pour cela que j'ai choisi un vert métallisé typique de ces scooters des années 50 en le "bleuissant" légèrement pour le rendre plus actuel. En plus du garde-chaîne qui rappel la coque du moteur de la Vespa, le Nuovella viendra pour la production avec un protecteur de jupe de la même couleur que le reste du vélo (non monté sur l'image), ce qui accentuera encore plus l'allure Vespa.


Le Lugano, c'est l'homme d'affaire raffiné et sérieux, un brin dandy. Enfin.. sérieux! Il est encore surprenant de voir un "businessman" en vélo. Le vélo étant encore associé au manque de moyens (de transport). Mais les choses changent, les mentalités aussi et la vision d'homme d'affaire en deux roues est en train de devenir très "in". Un garde-chaîne, lui aussi, pour ne pas se salir. La couleur anthracite chaud reflète l'élégance du cycliste urbain homme d'affaire.


Et enfin le Jura. L'inspiration : La voiture de James Dean, la Porshe Spyder "Little Bastard". Ce vélo est le petit bâtard de la ligne Urbanista. Pourquoi bâtard? Parce qu'il n'était pas censé se retrouver là. Il n'a pas de garde-boue, ni de porte-bagage. Il n'a pas les attributs du parfait navetteur. En fait, il est issu d'une idée très simple : s'amuser en ville!
Mais là où je pensais amusement, je me suis rendu compte qu'il n'était pas que cela. Avec une bonne géométrie, il a le comportement routier de ses frères urbains performance. Et avec ses 7 vitesses internes aux moyeux, cela en fait malgré tout un excellent navetteur, mais simplifier!

À lire aussi, sur le blogue d'Opus : Les noms

crédit photos : Amsterdam : Stephalsa / Indiana Jones : Paramount Pictures / Vélo Suisse : Baud / Vespa - Rene Michel Vachon / Homme à vélo : Sartorialist / Porshe Spyder : ?

mardi 3 novembre 2009

Site Opus 2010



Le nouveau site Opus 2010 est en ligne
www.opusbike.com

samedi 31 octobre 2009

Accroc de vélo, êtes-vous dans le déni ?

Mon épiphanie – je suis une cycliste urbaine! - fut par un beau matin de printemps quand je me suis surprise à mentalement fragmenter la liste d’épicerie en autant de mini-listes qu’il y avait d’articles à se procurer, dans le but précis d’aller chercher ces articles, tout au long de la semaine, dans des épiceries, ou boutiques spécialisées, ailleurs, dans d’autres quartiers, loin, et non pas dans les épiceries près de chez nous. Là, j’ai compris que j’était ‘faite’, que j’étais devenue une accroc du vélo urbain.

Dans mon cas, de nombreux autres signes et comportements auraient dû me faire prendre conscience de mon état. Comme le démontrent les faits qui suivent, j’étais dans le déni.

Par exemple, quand j’ai senti que la meilleure partie de ma journée n’était ni le temps au travail ni le temps à la maison, mais bien mes temps de trajets entre les deux, j’aurais dû comprendre ce qui m’arrivait. Non ?

Quand j’ai fait une demande à Accès-Montréal pour avoir un lot dans un site de jardins communautaires, j’ai volontairement choisi un site loin de chez moi. La préposée, incrédule, me questionne. Elle insiste et me propose un site près de mon adresse de résidence, mais j’ai dû lui expliqué que je SOUHAITAIS avoir pas mal de vélo à faire pour m’y rendre plusieurs fois par semaine. Pathétique non ? Le bénéfice est double. Les balades fréquentes. Youppie. Et parce que j’ai choisi ce site moins populaire, je m’assurais d’obtenir un jardin à coup sûr au printemps suivant. Pendant que dans les sites plus populaires, au coeur de son quartier, il faut attendre des années. (Ce que je n'avoue pas ici c'est que tout ce jardinage me permettra de justifier l'achat d'une remorque, ou d'un vélo cargo. Voyez comme mon esprit de cycliste urbaine est devenu retord ?)

Ce que j’avoue plus volontiers : j’ai un signet/favori/bookmark pour le site de Météomédia à la maison et à tous mes boulots.

Je n’ai pas utilisé ma voiture pendant si longtemps cet été que j’ai perdu les clés et j’ai dû payer pour me faire refaire un nouveau jeu de clés chez le concessionnaire. Je peux attester que le ridicule ne tue pas.

Au début, je me percevais comme un automobiliste qui s’était remise au vélo. À quelques reprise, alors que j'étais à vélo, j’ai essayé de mettre les clignotants avec la manette des freins (avec résultats désastreux). Quand je voyais une voiture de police, j’avais encore le réflexe de me demander si j’avais bien mis sa ceinture de sécurité!

Puis, un jour, imperceptiblement, le vent tourne. On est désormais une cycliste qui se déplace à l'occasion en auto. Et quand ça arrive, on se prend à faire en auto son trajet de vélo, plutôt que de prendre les grandes artères. On descend une côte, et on souhaiterait être à vélo, pour prendre de la vitesse. On commence à détecter les faux plats même en voiture. On doit se retenir de démarrer quand on voit la lumière piéton tourner au vert alors qu’on est en auto.

J’ai vite trouvé que mes trajets quotidiens vers le boulot n’étaient pas assez long, et plutôt que de prendre le plus court chemin pour rentrer chez moi, je faisais de grands détours par d’autres quartiers, comme un enfant qui ne veut pas rentrer à la maison.

Je me suis surprise à ... mentir. ‘’Non, désolée, j’ai déjà pris un engagement’’. Mais en fait, vu la météo superbe, on se défile et on part se balader, explorer un quartier inconnu, une piste peu fréquentée.

On rentre à la maison, il n’y a rien pour préparer le souper mais on a des stocks bien garnis de ‘trail mix’ maison, de barres granola, et autres bouffes à manger à vélo.

Chaque heure de la journée où il fait beau et qu’on est coincé au boulot, on est frustré parce qu’on se dit qu’on pourrait être en train de faire du vélo.

Quand la première chose qu’on se demande à propos d’un nouveau boulot c’est comment si rendre, par rapport aux pistes cyclables, la distance à vélo, et s’il y aura du stationnement sécuritaire pour le vélo, si on pourra le rentrer à l’intérieur, tout ça avant de se demander quelques questions que ce soit à propos ... de la job elle-même. Là, ça commence à être de l'ordre de la pathologie.

Quand on commence à envisager des boulots moins intéressants, moins payants, parce qu’on trouve que ça ferait des supers trajets matin et soir.

Quand on se met à prendre en grippe un boulot trop près de la maison.

Quand on détourne l’usage du ‘stationnement incitatif’ en le considérant comme un endroit qui permet de faire à vélo des trajets qui seraient autrement trop long. On s’y rend en voiture, le vélo sur le support à vélo, et on part de là pour sa destination.

Quand on choisit - où qu’on change - de magasin, boutique, resto, parce qu’il n’y a pas de bons endroits où verrouiller le vélo. Même chose pour les cinémas. Quand la sécurité du vélo nous dicte le film qu’on ira voir ce soir.

Quand mes collègues de travail sont très inquiets, voir alarmés, lorsqu'ils se rendent compte que je suis venue au travail en auto, même par un jour de pluie et de vents violents.

Quand la première préoccupation après une blessure n’est pas les problèmes de mobilité, ou problèmes d’absentéisme au travail et les pertes de revenus que ça entraîne, mais la frustration de ne pas pouvoir se déplacer en vélo pour un moment.

Quand DEUX jours de suite sans aller au travail à vélo me mène au bord de la crise de nerfs.

Bref, tout ça, ça ne ment pas. Comme on dit : mon cas est réglé. J’assume maintenant pleinement ma condition. Par exemple, ce soir j’ai un choix déchirant à faire. Je suis convoquée en entrevue pour une job. Quelle est ma première réaction ? Oh, il fait si doux en ce 31 octobre, ce serait un parcours superbe à faire en vélo! Dilemne : il pleut, y aller en vélo, je vais arrivée plutôt défraîchie. L'apparence étant au nombre des critères d'emploi partout, quelle que soit la job, je risque de ne pas avoir le boulot à cause de ça. Y aller en voiture ? Qu’est-ce qui va primer : le désir de faire ce trajet à vélo, alors que les beaux jours sont comptés, ou le besoin que j'ai d'obtenir ce boulot ? À suivre.

Et vous, à quel moment, à quel signe vous êtes-vous avoué à vous-même que vous étiez accroc du vélo urbain ? Êtes-vous un accroc pleinement assumé ? Ou encore dans le déni de la chose ? Allez, avouez! Après tout, on est entre nous.

En terminant, un page pleine d'ironie sur le sujet, malheureusement en anglais.
(Pour ceux et celles qui ne lisent pas l'anglais, Babelfish fait habituellement un travail potable à traduire les contenus.)

Illustration : Sur un thème qui remonte à la première Grande Dépression (1929), une affiche créé par l'illustrateur Nick Dewar et dont on peut trouver une version gratuite en format pdf sur ce site.

lundi 26 octobre 2009

Petite causerie avec moi-même sur mon vélo en direction du boulot.

Le matin est frais et la lumière cendrée annonce déjà une journée radieuse. L’astre solaire me réchauffe déjà tendrement le dos. La ville au loin m’appelle telle une jungle effervescente et créative, d’où émane… Ok, ok, on se calme! Ce n’est rien qu’un parcours maison-boulot. Alors roule!

Il y a plusieurs façons d’aborder la ville en vélo. Tout dépend du type de vélo qu’on utilise. Vraiment? Oui peut-être un peu, même beaucoup! Ce matin, j’ai pris un vélo « urbain performance ». Je me suis donc soudainement senti très urbain et très… performant! Bon, ok, je suis un p’tit gars en forme, mais tout de même, ce vélo m’aide à être vif et alerte. Sont-ce là des conditions sine qua non en ville? Sine qua quoi? Laisse faire! Faut-il immanquablement être vif et alerte? Pas forcément. Il s’agit avant tout d’un choix. Si j’avais pris un vélo de navettage confort, comme mon Cervin, j’aurais certainement adopté une attitude « Slow Bike ».

Ok, ok, pour ceux qui arrivent à l'instant : À l’instar du mouvement « Slow Food », le « Slow Bike » propose un autre type de déplacement, une autre façon de gérer son parcours, pas nécessairement lentement, mais plus calmement, en regardant ce qui nous entoure, en se laissant le temps de redécouvrir son environnement. Bon, bien sûr, il faut rester concentré sur la route, mais on peut choisir un parcours alternatif moins stressant. Là est l’avantage de nos quadrilatères nord-américains : il y a toujours moyen de varier son trajet sans pour autant faire de grands détours, mais en recherchant une certaine qualité de déplacement.

Bien beau le « Slow Bike », mais ce matin, je suis sur mon vélo urbain performant. Ok! Et ça roule! Peut-être aussi du fait que j’ai passé des semaines à rouler avec mon vélo confort, j’ai tranquillement forcé mon entraînement. Peut-on parler d’entraînement? Pour ma part, je n’ai plus l’impression de m’entraîner. Cela se fait de facto. Le simple fait de maintenir une certaine fréquence fait le travail et le tour est joué! Sitôt que je grimpe sur une monture plus performante, j’ai des ailes! Et ce matin, c’est extraordinaire!

Il faut que je l’avoue, j’ai consciemment laissé la pompe à pied dans son coin, même en ayant tâté le caoutchouc. Mes pneus doivent être à 80% de leur pression normale. Mais quel confort! Avec nos magnifiques revêtements urbains et leurs multiples qualités de surface, un pneu un peu mou accentue l’impression de pouvoir avaler la route sans vergogne.

Sur ce vélo, il y a 24 vitesses. Excellent pour les longs bouts droits, mais en fait en ville, surtout lors des démarrages rapides, avoir un étalage plus large serait mieux. Cela éviterait de faire autant de petits ou de doubles changements de vitesse. J’ai essayé durant quelques jours un vélo avec sept vitesses au moyeu arrière, un Nexus Inter 7. Je m’étais dit que cela serait un gros handicap pour mon navettage journalier. Mais j’ai été très surpris de constater que l’étalage des vitesses était parfaitement adapté au milieu urbain. Des démarrages rapides! En quatre changements seulement, on peut atteindre une bonne vitesse de croisière. Il faut dire que ce vélo-ci avait des roues de 26 pouces. Moins d’inertie au démarrage.

Il y a aussi la position qui compte. Être plus penché en avant, sur un vélo de performances, pousse peut-être le sang dans le cerveau! En tout cas, je me sens plus agressif et tricote plus volontiers dans la circulation. Circulation? Quoi, moi qui en d’autres temps prône justement le parcours alternatif et sécuritaire? Oui, oui, je suis allé jouer dans le trafic. Mais il faut dire qu’en ville, plus le trafic est dense, plus il est lent et donc prévisible. À moins qu’un énervé s’énerve justement et bondisse hors de sa ligne pour faire un dépassement pas très catholique. Alors sans être protestant (ho! ho!), car ce n’est pas vraiment dans ma nature, je dévie de manière fluide et élégante, l’air de rien. Vraiment, avec ce vélo performant, j’adopte une chorégraphie assez intéressante. Il faudrait qu’on filme ça et qu’on y ajoute une trame sonore en conséquence. Hip Hop? Jazz?… Acid jazz! Et d’ailleurs, en parlant de cela, rouler en musique c’est très agréable, mais il faut l’avouer, l’oreille, pour un cycliste, c’est un peu son troisième œil. Alors obstruer celui-ci accentue les risques. Dans une seule oreille alors… Bon, nous sommes des adultes consentants, majeurs et vaccinés. À chacun d’évaluer le niveau de risque qu’il désir, ou est capable de gérer.

Et si ce matin j’avais pris mon vélo de compétition? Rassurez-vous, je ne fais pas de compétition. Me verriez-vous faire du « Slow Race »..! Blague à part, sur ce vélo, je me sens en formule 1, mais tout comme dans une formule 1, la vision n’est pas optimale, et en conditions urbaines, avoir la tête dans le guidon n’est pas des plus pratique. Mais bon, j’aurais mis la moitié du temps pour ce parcours, et je serais arrivé en nage, à bout de souffle. Je le sais pour l’avoir fait durant des années, les yeux rivés sur mon cyclomètre afin de faire augmenter ma moyenne kilomètre/heure à tout pris. Et durant toutes ces années, je n’ai rien vu du paysage! Mais quelle moyenne!

Avec une attitude de « Slow bike » j’arrive au travail frais comme une rose (ou presque), calme comme un Yoda (ou presque), oxygéné comme une plante verte… Non, justement, une plante absorbe du Co2. D’où la question fondamentale : le cycliste urbain est-il une plante verte? Ok, ok je dérape! En parlant de dérapage, les petits pneus de compétition 700/23, avec des freins à pivots, quand il est temps de freiner « pour de vrai », ce n’est pas ce qu’il y a de plus… performant. Comique pour un vélo ultra-performant. Ah, c’est vrai, un collègue qui fait de la compétition de haut niveau m’avait dit un jour, pince-sans-rire, qu’avec un vélo de course, on n'est pas sensé freiner. Ah! Je comprends mieux maintenant les Fixies, ils sont donc performants! Hum! Pas sûr!

Avec mon vélo de ce matin, 24 vitesses, freins en V, pneus 700/28, ça freine! Et plus drôle encore, avec mon vélo confort, mêmes vitesses, presque mêmes freins et pneus 700/32, quand ça freine, ça freine vraiment! Peut-être est-ce dû à la modulation des leviers? En tout cas il y a plus de contact au sol.

Bon, je l’avoue, mon vélo urbain performance à un freinage un peu fatigué ce matin. Il faut dire que les patins de freins ont du vécu. J’ai même perdu complètement leur efficacité, un jour de pluie, ce qui m’a valu une bonne « débarque » et m’a soudainement donné envie de passer aux freins à disques. J’ai donc essayé un vélo urbain doté de freins à disques mécaniques. C’est bizarre, mais au Québec, on est très réticents à utiliser des disques ailleurs qu’en montagne. Sur la côte ouest, c’est tout le contraire. Bon, cela peut se comprendre, il pleut tout le temps là-bas. Mais il faut l’avouer, ça marche plutôt bien. Certains me disent que c’est un aria à ajuster. Encore bizarre, en vélos de montagne, personne ne se plaint. J’ai remarqué que chacun a sa petite méthode pour ajuster des freins à disques qu’il considère être comme la meilleure. Alors, utilisez-là! En tout cas, une fois que les freins à disque sont rodés, c’est rassurant de savoir qu’ils donneront leur plein potentiel en tout temps.

Mais ce matin, je n’ai que mes patins usés et une roue avant légèrement tapée. « Cout-donc », sur quoi tu roules? J’ai dit que j’avais pris une « bonne débarque ». N'empêche que ces roues sont solides! Doubles parois et 32 rayons, ça aide. Malgré le nid-de-poule caché dans une magnifique flaque d’eau et mon élégant vol plané, je suis remonté sur un vélo qui ne semblait pas avoir été moindrement ébranlé ni affecté par ma mésaventure. Et comme je suis fidèle, je l’ai gardé et je l’utilise encore souvent.

Il est vrai que par ces temps-ci, ayant découvert les attraits et les bénéfices du « Slow Bike », j’ai beaucoup plus tendance à prendre mon vélo urbain confort. Bien sûr, je mets plus de temps à me rendre au travail, mais si je fais le calcul, cela me prend le même temps qu’avec mon vélo de compétition. Là tu charries un peu!

Non, non, pas du tout! Considérant que je mets (si tout va bien) un quart d’heure à m’habiller en coureur du tour de France, à préparer mon sac avec des vêtements et chaussures de rechange, à remettre mon cyclomètre à zéro, puis que je mets une heure pour le trajet, pour enfin arriver au travail, prendre un autre quart d’heure (si tout va encore bien) pour prendre une douche et me changer, cela donne une heure et demie. Si je prends mon vélo « Slow bike ». je pars tous de suite, tel que vêtu, je mets une heure et demie de trajet et j’arrive au bureau où je commence à travailler… Et c’est l’occasion de m’obstiner avec mon fameux collègue compétiteur, sur le point de vue de l’efficacité cycliste.

Mais je dois vous laisser, j’arrive justement au boulot. Bonne journée!