jeudi 4 février 2010

Réunion de travail chez Urbanista


Bike Stack '09-2- 33, 2009 Oil monotype on paper 11" x 30" Taliah Lempert

Petite réunion de travail au blogue Urbanista : Suzanne est une cycliste urbaine roulant sur un Classico, qui s'est inscrite sur le blogue afin de devenir coauteure. Alec est éditeur du blogue et designer des vélos Opus.

Suzanne - Je participe au blogue Urbanista depuis quelques mois. J'avoue que la ligne éditoriale, telle que je la perçois, ou devrais-je dire plutôt telles que je perçois ses frontières floues, m'embête parfois.

Alec - Pourquoi?

Suzanne - Je ne suis pas toujours certaine que la note que je m'apprête à publier va cadrer ou pas...

Alec - Oui, il peut y avoir un certain flou, mais c'est ce qui permet de laisser évoluer le blogue sans mettre de limites trop contraignantes. Mais afin de ne pas s'éparpiller et de ne pas être un autre blogue cycliste, la ligne est relativement simple : vélo, urbanité, art et culture.

Suzanne - Je comprends et j'approuve complètement les choses qu'on essaie d'exclure (tourisme, revue de produits, etc.), des sujets qui sont abondamment couverts par des dizaines, voire des centaines d'autres blogues sur le vélo.

Alec - On n'exclut pas le tourisme, du moment qu'il s'agisse de découvrir d'autres réalités urbaines. C'est le cyclotourisme, les grands voyages en vélo qui ne cadrent pas avec le concept urbain de ce blogue. Pour ce qui est des revues de produits, on veut prendre une certaine distance avec le côté commercial. Toutefois, s'il s'agit d'un produit qui s'inscrit dans la philosophie Urbanista, et qui mérite qu'on en parle, il trouvera certainement sa place dans ces lignes. Le but de ce blogue est de promouvoir un état d'esprit, une philosophie, une approche du vélo en ville complètement différente par la pratique du "Slow Bike". Repenser le vélo, repenser le trajet, repenser le blogue.

Suzanne - Ce point aveugle qu'on essaie de couvrir m'est plus difficile à cerner. Peut-être parce que je ne suis pas très "branchée" sur les milieux de cet univers qu'Urbanista tente de définir, ou dont Urbanista tente de témoigner. Je me dis : Urbanista, c'est là où se conjuguent bicyclette (sa pratique) et culture. Pour moi, dans cette équation, la "culture", c'est au-delà de la culture livresque, musicale, picturale, visuelle, etc. Pour moi, la culture, je l'entends dans sa définition la plus large, l'ensemble de toutes les manifestations de l'activité humaine. Et pour le moment, c'est avec ça que je travaille. Alors, je crois que c'est ce qui fait que, parfois, je déborde... Dans le contexte précis du blogue Urbanista, quelle est ta définition de "culture"? Et comment ça se traduit, dans ce blogue, que de conjuguer "bicycle, art et culture"? Est-ce qu'on inclut tous les cas de figures : la "culture" des cyclistes, la culture à l'intention de cyclistes, la culture au sens de produits culturels faits par des cyclistes, etc. Ou la culture (produits culturels, pratiques) qui parle de cyclisme, peu importe son auteur, cycliste ou pas?

Alec - Effectivement, la culture est traitée au sens très large du terme. La culture ici est perçue comme l'ensemble des éléments périphériques à notre façon de vivre, et de surcroît, à notre façon de vivre en ville. Le vélo est une sorte de dénominateur commun des sujets traités, mais il ne s'agit pas tellement de cyclisme dans le sens d'activité, car en ville on ne fait pas de cyclisme, on utilise un vélo, ce qui est très différent comme état d'esprit. Et Urbanista veut pouvoir témoigner de cet état d'esprit.

Suzanne - J'ai repassé en revue les notes déjà existantes, celles qui précèdent mon arrivée, et ça foisonne de contenu très intéressant. Comment expliquer alors qu'il n'y ait pas plus de participants/auteurs? De commentaires? D'interactions? Avons-nous un train de retard : le blogue est-il mort? Est-ce que tout le monde est à surveiller le "ticker" de son Twitter? J'ai ma petite opinion là-dessus, mais j'aimerais t'entendre.

Alec - De voir des remarques, sur Facebook du genre : « Aujourd'hui, je suis en feu! » suivies de 40 commentaires tout aussi insipides me font frémir. Il est quelquefois frustrant de mettre autant d'énergie à bien écrire un billet et de ne susciter aucun commentaire. Mais je ne m'inquiète pas outre mesure, d'une part parce que le blogue est jeune encore et que les statistiques montrent que l'on est lu et relativement attentivement, car les temps de lectures sont bons. En fait, j'entends plus parler de nos billets et de notre blogue par d'autres canaux médiatiques. Je remarque alors que notre travail est apprécié. Quelle est ton opinion? Les blogues se font-ils supplanter par les autres canaux?

Suzanne - L'histoire des médias nous dit que l'invention/l'irruption d'un nouveau médium défini toujours ceux qui précèdent sans pour autant les mettre à mort. La photographie n'a pas tué la peinture, le cinéma n'a pas tué la photographie, internet ne tuera pas tous ces medias. Mais chacun est redéfini dans ce paysage plus vaste, et chacun ajoute à notre vocabulaire, à nos modes d'expression. De la même façon, oui, il est inévitable que le blogue soit redéfini par l'arrivée des autres lieux/médias sociaux, et les blogues ne sont qu'une forme de communauté virtuelle parmi plusieurs autres types de lieux virtuels. Je viens tout juste de lire un court article dans le dernier Wired, précisément sur cette question du blogue, de sa 'popularité', et de comment certains site deviennent presque victimes de la taille de leur auditoire. Trop peu d'interactions, c'est comme un petit cercle d'amis qui jasent entre eux. Trop de monde, et le lectorat se tait, parce que chaque interaction est noyée dans une mer de commentaires, notes, etc. Finalement, le blogue - communauté virtuelle - n'est pas différent d'une communauté réelle. Dans un petit village, tout le monde connait tout le monde, l'information circule rapidement, efficacement. Dans une grande ville, on est dans l'anonymat. Je pense que dans ce paysage médiatique où toutes les frontières sont brouillées, pour mieux se redessiner, le blogue a définitivement sa place. Un blogue n'est pas un fil de presse (à la Twitter). Si je regarde les quelques blogues/sites que je lis régulièrement, j'apprécie qu'il y ait là davantage que de l'information brute, c'est-à-dire une pensée, une ligne éditoriale, une sorte de valeur ajoutée à l'information. Il faut, de plus, comme auteurs de blogue, trouver un équilibre entre la fonction de méta-blogue (pointer en direction d'autres notes, d'autres sites sur la toile) et de chronique éditoriale.

Alec - Quel était ta perception du blogue Urbanista avant d'y adhérer?

Suzanne - J'ai trouvé l'équation vélo+culture très séduisante. Je suis probablement davantage une spectatrice de cet univers, qu'une actrice. Après avoir fait l'expérience du blogue en solo pendant quelques années, je suis devenue "écrivaine invitée" (guest blogger) sur d'autres blogues francophones et anglophones, mais qui ne portent pas sur le vélo. La perspective d'écrire dans un blogue à plusieurs (tel qu'indiqué dans la marge) ne m'intimidait pas. Mon défi est davantage le sujet lui-même. Sans doute qu'il y a aussi là-dedans pour moi un exercice de... vanité. (rires)

Alec - Que voudrais-tu que ce blogue devienne?

Suzanne - Je n'ai pas d'attentes sinon qu'il soit pertinent, qu'il soit lu, fréquenté, apprécié, et qu'éventuellement d'autres collaborateurs rejoingnent la petite équipe. Mais je ne veux ni ignorer, ni succomber à la tyrannie des statistiques de fréquentation.

Alec - J'ai hâte au printemps, alors que les vélos urbains reprendront possession des rues et que les éventuels coauteurs se manifesteront pour partager leurs expériences.
Après l'histoire du faux blogue Bixi, nous nous sommes posés bien des questions. Nous ne le cachons pas, Opus vend des vélos, mais en créant la ligne Urbanista j'ai senti qu'il y avait quelque chose d'autre, que ces vélos suscitaient un intérêt différent. C'est alors que l'idée de présenter le concept, la philosophie Urbanista nous est apparue intéressante. En s'éloignant du côté commercial et en se rapprochant du côté culturel, nous voulions témoigner de notre passion à créer des vélos et à offrir aux personnes qui ne pensaient pas utiliser un vélo sur une base régulière, quelque chose de différent.
Les blogues personnels suscitent bien plus de réactions. Penses-tu que les lecteurs sont réticents à commenter du fait que Opus est une marque?


Suzanne - Il faudrait leur demander... En fait, dans le fond, c'est peut-être "self-explanatory". On commente, on discute, quand il y a matière à débat, réaction, etc. (Exemple : la note sur le Pelle-t-in.) Sinon, on lit, et on continue sa route. Ce qui ne veut pas dire qu'on est indifférent. Pour preuve, on revient périodiquement.
Sur la question de la publicité/du commanditaire : la plupart d'entre nous fréquentons des forums de discussions, des sites, des blogues, autour du vélo ou de bien d'autres sujets, où la pub envahit la page, avec des "gif" animés du genre pub pour régime amaigrissant, ou plan d'investissement douteux; sorte de pollution visuelle irritante que l'on subit sans contrôle sur le contenu. S'il arrive que les gens se plaignent de ces situations, ils s'en formalisent rarement au point de boycotter ces forums, sites, blogues. Alors, entre cette situation là, où l'activité mercantile existe, mais d'une certaine façon occulte, à demie-masquée, et celle du blog d'Urbanista, où l'on est sous la bannière d'Opus, de façon ouverte, je trouve que des deux situations, celle-çi a au moins le mérite d'être transparente. En général je trouve que nous avons tous des rapports ambigüs et ambivalents à la pub. D'une part les gens sont irrités qu'un stade porte le nom d'une chaîne de pharmacies ou qu'un festival porte le nom d'une aluminerie ou d'un fabricant de voitures, mais d'autre part, beaucoup de gens affichent fièrement les logos/labels des vêtements et équipements qu'ils achètent... Patagonia, North Face, Knog, Cocotte, etc. C'est plutôt fascinant comme paradoxe.
À ce stade-ci, quelles sont tes attentes vis-à-vis du blogue Urbanista ?

Alec - C'est clairement de créer une communauté d'urbains, amateurs d'art et de culture et de vélo, et de partager, voire propager la philosophie du "Slow Bike". Mon but premier, en créant la ligne de vélo Urbanista, est de faire aimer la pratique du vélo autant à des cyclistes aguerris qu'a des personnes qui ne pensent même pédaler pour se déplacer. Pour cela, j'essaie de créer une émotion visuelle par l'esthétique et une sensation physique par le design et la géométrie. Je me dis que si on est attiré par son vélo, on aura plus facilement tendance à vouloir l'utiliser. Le but du blogue est aussi de transmettre cette idée, de l'expliquer et de témoigner de la passion créative qui nous habite, toute l'équipe, chez Opus.

Suzanne - Est-ce que tu crois que Montréal a une masse critique suffisante d'amoureux du vélo pour avoir un jour un évènement comme le Bicycle Film Festival ? Ou un autre évènement culturel d'envergure, lié au vélo?

Alec - Montréal est une ville extrêmement dynamique sur le plan culturel et créatrice de toutes sortes d'événements. Rien n'est impossible.
Allez, on retourne au boulot? On continue ce blogue?

Suzanne - Presto!

Oeuvres de Taliah Lempert
www.bicyclepaintings.com
Bike Stack 2009 #18-19 Oil monotype on paper 22" x 30"
Bike Stack 2009 2 #33 Oil monotype on paper 11" x 30"
Bike Stack 2009 #22-23 Oil monotype on paper 22" x 30"
Bike Stack 2009 2 #2 Oil monotype on paper 11" x 30"
Bike Stack 2009 2 #3 Oil monotype on paper 11" x 30"
Old Style Track Bike #6 on Wheat Screenprint on paper 6 x 7"
Lil' Print 18-My Bike on Gray Screenprint on paper 6.5 x 9"
Bronco Bike - Detail Oil on canvas 14" x 16"
Orient Sketch Oil on paper 27.5" x 39.5"

mardi 2 février 2010

Ouverture à l'année du Pont Jacques Cartier


Photo: Éric Constantineau

Le "Pellete-in", cette manifestation active du 28 janvier dernier, simulant le pelletage de l'entrée du pont Jacques Cartier, a suscité beaucoup de réactions. D'un côté par ceux qui demandent à ce que le pont, seule liaison Rive-Sud/Montréal pour les cyclistes et piétons, soit ouverte à l'année, de l'autre par ceux qui jugent que la faible fréquentation hivernale ne justifie pas les coûts additionnels d'entretien et jugent trop risqué de s'aventurer sur la voie cyclable du pont qui risque d'être glacée.

Nous aimerions connaître votre avis.

dimanche 24 janvier 2010

Lire ou ... écouter

Je nourris mes rêves de mouliner dans le bonheur en faisant quelques lectures dont certaines sont vélocipédiques. Voici la première de quatre notes sur de telles lectures.

Bicycle diaries de David Byrne. Chez Penguin books, 2009.

J’ai longuement hésité avant d’émettre une opinion sur ce livre paru l’été dernier. D’abord, je dois confesser mon immense et indéfectible admiration pour David Byrne le musicien de génie (membre du groupe Talking heads). Dans les années 80, j’ai écouté l’album My life in the bush of ghosts probablement jusqu’à pousser mes voisins au suicide. Cet album, qu’il a fait avec Brian Eno fait encore l’effet d’une création d’avant-garde, particulièrement quand on garde à l’esprit qu’il a été entièrement produit à l’ère analogique (par opposition à l’ère numérique).

Le culte autour de cette oeuvre ne se dément pas puisqu’en 2006, l’album a connu une deuxième naissance, dans une version revue et augmentée de pistes inédites, phénomène plutôt rare. Tout un site internet rend compte de cette deuxième vie de l’oeuvre, ainsi que des notes sur wikipédia où l’on peut apprendre la petite et la grande histoire de l’album et de l’oeuvre littéraire à l’origine de son nom. Fascinant.

Bref, c’est habitée de mon admiration pour Byrne-le-musicien, mais complètement ignorante de son état de cycliste new-yorkais que j’ai appris la publication de son livre Bycycle diaries l’été dernier. Je me suis procuré le livre à l’automne, et j’ai commencé à le lire. Et j’ai beau me dire qu’il faudrait bien que je le termine, j’ai beau y mettre tous les efforts possibles, rien n’y fait.

Un ou deux petits problèmes avec le livre. D’abord, c’est un blog publié en livre. Et rares sont les cas à ce jour où ça s’est avéré un succès. Dans le cas de M.Byrne, je crois que son éditeur n’a pas fait sa job d’éditeur qui aurait consisté à demander à M.Byrne de réécrire ce contenu, ses notes du blog. Un blog n’est pas un livre, et vice versa. Et si on a envie de lire les notes d’un blog, on va lire le blog. On achète pas un livre. Les notes qui peuvent nous semblées excellentes, dans le contexte d’un blog, d’une chronique, ne tiennent pas toujours la route dans le monde du livre imprimé. Ici, on a d’autres attentes. Ce sont des bibittes bien différentes, qui ont des exigences d’écriture différentes, et qui fournissent des expériences de lecture différentes aussi.

Deuxième bug : le titre est Bicycle diaries. Alors, il est légitime d’avoir des attentes de ce côté là des choses. On peut parfaitement comprendre que lorsqu’il relate ses voyages à l’étranger, l'analyse politique, par exemple, soit un peu faible. Là n’est pas le propos de M.Byrne qui n’est ni journaliste, ni politologue. On ne saurait lui en tenir rigueur. Alors, on attend le contenu ‘vélo’, on salive, on s'impatiente. Et au bout du compte, on reste sur sa faim. Le vélo, c’est la mineur du livre. David Byrne a beaucoup voyager dans les grandes capitales du monde, en tournée, comme musicien. Il y a fait des rencontres fascinantes avec d’autres artistes et musiciens, et c’est peut-être là le contenu le plus intéressant du livre. Mais la portion ‘découverte à vélo’ de la ville, encore une fois nous laisse un peu en reste. Quelques phrases tout au plus pour chaque ville visitée. Plutôt triste. Je ne m’attendais pas à un guide touristique pour cyclistes. Mais j’avoue que je m’attendais à plus. Peut-être aurait-il fallut un titre différent...

Pourquoi parler en mal de ce livre, alors que j’ai fait par ailleurs d’autres lectures plus réjouissantes ? Parce que c’est plutôt fâchant de dépenser des sous et d’être déçu. Je me suis dit que d’autres comme moi, intéressé à lire sur le vélo, se feront peut-être prendre. Alors, gardez vos sous. Ou plutôt non, achetez l’album, en cd ou en téléchargement. Pour accompagner vos classes de spin ou pour une balade urbaine, quand le beau temps sera au rendez-vous, ça ne vous laissera pas indifférent.

Quand je réécoute My life in the bush of ghosts, j’ai bien entendu en mémoire le choc esthétique que ce fut originalement. Mais ce qui demeure parfaitement contemporain dans l’expérience de cette oeuvre c’est qu’elle nous permet de toucher à ce qu’il y a au coeur de tout acte de création : la liberté. Et au bout du compte, c’est peut-être là le lien le plus fort avec ... le vélo.

Crédits photographiques : Pochette de l'album My life in the bush of ghosts, première mouture (1981). Couverture du livre Bicycle diaries de David Byrne, paru chez Penguin (2009). Identité visuelle de l'oeuvre musicale My life in the bush of ghosts, deuxième mouture (2006).

mardi 19 janvier 2010

Pellete-In du Pont Jacques Cartier

Afin de sensibiliser l'administration du Pont Jacques Cartier à la nouvelle réalité cyclo-hivernale Montréalaise, et aussi du fait que ce Pont est le seul lien pour les cyclistes et piétons entre les deux rives, le collectif "Vélo 365" organise un grand "Pellete-In" du Pont Jacques Cartier, côté Rive Sud de Montréal, le 28 janvier prochain, à 10h. Coin des rues Lafayette et St-Laurent, à Longueuil.
Apportez votre pelle!

À lire, très bon billet de Dumoulin Cycles :
http://www.dumoulinbicyclettes.com/blogue/?p=233

samedi 16 janvier 2010

Le bonheur est dans le ... garage

J’ai tout essayé. Le vélo stationnaire. J’ai écouté un million de podcasts pour tromper mon ennui pendant que je pédalais sur cet engin. Mais la position du vélo stationnaire, ça n’est tout simplement pas la position qu’on a sur un vrai vélo. Les longueurs de piscine s’occupent de me garder la forme cardio-vasculaire. Mais pour les jambes, c’est pas terrible. Il me faut mouliner.

J’ai essayé la classe de spin. Mais je ne me sentais pas vraiment à l’aise dans la faune du gym que j’avais choisi. Un de ces lieux pour voir et être vu. Pas du tout l’ambiance recherchée.

Comme il a été prouvé maintes et maintes fois déjà que le ridicule ne tue pas. Vrai ? Alors, n’en pouvant plus, j’ai enfourché ma bicyclette dans le ... garage.

C’est que j’habite un gros immeuble, de cette architecture de béton qui ne passera jamais à l’histoire. Ni l’histoire de l’architecture, ni l’histoire avec un petit h, ni l’histoire avec un grand h. Pas même l’histoire du béton j’en ai bien peur.

Mais, en cette période de sevrage de vélo, je dois dire qu’il a un grand mérite mon immeuble : un grand stationnement sous-terrain, et de surcroît, plutôt désert à certaines heures du jour et de la soirée. Le dit stationnement est, tout comme l’immeuble lui-même, en forme de U. Le trajet, d’une extrémité à l’autre de ce grand U fait 1/5 de km, cyclomètre à l’appui.

Je prends la bicyclette, puis je pense à un trajet, je visualise n’importe lequel des trajets que je fais pendant la saison, disons de chez moi jusqu’au Vieux Montréal où je travaille régulièrement, j’en estime les km de ce trajet aller-retour, et je fais suffisament de ces 1/5 de km pour arriver au total voulu. Le tout ... dans le garage.

Vous comprendrez que 1/5 de km avec deux virages à angle droit, un au quart du trajet, et un deuxième au trois-quart du trajet, ça fait des accélérations et décélérations multiples, sans compter les deux virages à 360 degrés, un à chaque bout. Super pour les accélérations. Virages excitants. Toutes et chacune des manoeuvres est éxécutées dans le plus pur bonheur. Plus jouissif encore : alors que défile dans mes oreilles le très tonique No Heaven de DJ Champion, et que je me trouve juste à la sortie d'un de mes virages en tête d'épingle, et qu'au même moment la voix out of this world de Betty Bonifassi, pousse son Oh Lord there aint no heaven! Oh Lord there aint no heaven!

Nous devons donc réviser la théorie : non seulement le ridicule ne tue pas, mieux encore, il rend heureux. Parce qu’aussitôt que j'ai dans le corps une dizaine de ces allers-retours (donc 2 km), j’arbore ce sourire parfaitement béat que j’ai habituellement quand je roule en ville. Que Dieu, Boudha ou Toutatis bénisse les endorphines!

Les résidents qui descendent au garage pendant que j’y roule me sourient en retour (forcément, c’est contagieux). Et ils semblent tous, sans exception sincèrement sympatiques à ma cause. Ca à l’air de les réjouir complètement que cette vision d’une femme à bicyclette, avec un grand sourire fendu jusqu’au oreilles, au milieu de cet univers de béton froid et gris et humide et triste, sans horizon, sans lumière du jour, avec pour tout ciel un plafond bas où courent néons et gros tuyaux de chaufferie, un espace horizontal qui n'a pour tout mobilier - hormis les véhicules stationnés, aux aguets - que des containeurs sinistres et des bacs géants de récup. Certaines personnes se tiennent en retrait, observent, osent des petits gestes d’encouragement. D'autres m’adressent quelques mots au passage ou encore s’attardent pour me voir repasser.

Peut-être ont-ils l’impression qu’à force de faire du vélo dans leur stationnement, je travaille pour eux aussi, sorte de danse rituelle, incantation, transe vélocipédique qui viserait à faire venir le printemps plus vite. Malheureusement, j'en ai bien peur, je n'ai pas un tel pouvoir. Mais ce qui est certain c’est que l’hiver me paraîtra moins long!

Crédit photographique : 2 Bike garage par Theresa Redinger. Exposition de groupe Making Camp.

mardi 12 janvier 2010

Le voleur de bicyclette

Ce film de Vittorio De Sica sorti en 1948, est emblématique d'une certaine époque d'après guerre.
Bien malgré lui, un chômeur se voit contraint, sous les yeux de son fils, de voler un vélo s'il veut obtenir et garder un travail de poseur d'affiche.
Ce film est de son temps certes, mais il nous rappelle, encore aujourd'hui, à quel point le vélo, pour bon nombre d'urbains et de campagnards de cette planète, est bien plus qu'un moyen de transport. Il est un élément clé de leur subsistance. Et pas uniquement dans les pays du tiers monde ou les pays que l'on dit "émergents", mais aussi dans notre Occident bien connu.
Avoir un moyen de déplacement autonome est pour la plupart un gage de liberté, une forme d'indépendance, voire un devoir civique environnemental.



La simplicité du concept d'un vélo est à l'épreuve du temps, de la technologie et des modes. L'avenir de ce "deux roues" est loin de péricliter.

Le voleur de bicyclette, un film à voir ou à revoir.
Synopsis du film "Le voleur de bicyclette" (Wikipédia)

dimanche 20 décembre 2009

Cher Père Noël

Si ma vie se réduisait à être une cycliste, c'est-à-dire si, ne serait-ce que l'instant de cette note sur Urbanista, si je pouvais faire fi de tous les autres drames et misères du monde (qui sont, il va sans dire un tetragodzillion de fois plus importants et sérieux), voici ce que je mettrais sur ma liste pour le Père Noël :

Il y a à peine quelques jours, encore un accident impliquant vélo et voiture, à quelques coins de rue de chez moi sur la piste Molson. Donc, je demanderais moins d'accidents en 2010. Chaque incident en est un de trop. Et pour avoir été happée par un chauffard (non pas comme cycliste, mais comme piétonne) il y a de cela bientôt 18 ans, je parle par expérience. Corps humain VS véhicule en mouvement ? Nos chances sont toujours infinitésimales de s'en sortir vivant-e et/ou en état de poursuivre notre route, au propre comme au figuré. S'en est assez. Donc, que le Père Noël nous apporte de la vigilance en masse, tant comme cyclistes que comme automobilistes, vigilance de tous les instants, et beaucoup de gros bon sens aussi (le bon équipement, les bons comportements), et quelques bonnes grosses pelletés de civisme et de patience les uns envers les autres. Qu'est-ce qu'on a donc tous à courir pour gagner quelques secondes ici et là, pourquoi s'entêter à poursuivre cette course absurde vers un fil d'arrivée imaginaire ...

Je demande au Père Noël de mettre dans les bas de Noël de nos décideurs des cartes de pistes cyclables, et un rappel de toutes leurs belles promesses. De leur donner de l'insight, de la vision, pas juste des bonnes intentions. Penser la ville de demain autrement qu'en termes de patchage de trous, ou à simplement essayer de rattraper les besoins connus, c'est-à-dire les besoins d'hier. Il faut penser demain, être visionnaires bon sang! Un peu de courage politique pour ces messieurs et dames.

Ditto pour les responsables du déneigement sur les ponts et chaussées, afin que le 'réseau blanc' ne soit pas une vue de l'esprit, mais une réalité pour ceux et celles qui roulent à l'année. L'hiver est à peine entamé et c'est pitoyable, en particulier sur les rares liens fluviaux.

Sur une échelle plus personnelle, je demande au Père Noël de me donner le temps de réviser mécanique de vélo 101, pour que je sois un peu moins tarte quand je me pointe quelque part pour une réparation ou un ajustement.

Mais surtout, et plus égoïstement, je demande au Père Noël de me trouver un preneur pour mon tank (i.e. Batavus) d'ici le printemps, afin de financer le remplacement de mon Classico actuel pour un Opus avec suspensions. C'est que les rues de Montréal n'épargnent ni le popottin, ni le portable qui est parfois à bord.

Bon, là il faut que je sois super gentille pour avoir tout ça.
C'est dur dur d'être super gentille.
Tellement plus agréable d'être canaille.

Bons congés des Fêtes à tous!

Photographie : Bicycle and antique. Cathy Stanley-Erickson.
http://www.flickr.com/photos/madcitycat/ CC BY-ND 2.0

mardi 15 décembre 2009

La Dolce Vita

Un peu de graphisme... Annonce pleine page pour le Nuovella, à paraître dans le magazine Momentum hiver 09.

Comme ce vélo était inspiré d'une Vespa des années 50, il était naturel d'illustrer le Nuovella dans un contexte visuel italien tel que celui de la dolce vita de Frederico Fellini. Marcello Mastroianni et Anita Ekberg

samedi 12 décembre 2009

À hauteur de selle

Dans une des scènes clés du très beau film La société des poètes disparus, le professeur – incarné par Robin Williams – fait la leçon à ses étudiants : tout est une question de point de vue et de perspective. Il leur demande de monter sur leur pupitre et de constater comment même la réalité la plus banale – leur classe – est différente envisagée à partir de ce nouveau point de vue. La question du point de vue, de sa singularité, se pose à chaque fois que l'on prend la parole, quelle que soit le medium choisi. Tout est affaire de point de vue, de perspective. Leçon qu'ils auront intégrée, comme l'illustre, mémorable, la scène finale du film.

L’histoire de la peinture est en partie, bien que pas exclusivement, une histoire de la représentation, une éducation du regard, et une interrogation sans cesse renouvellée de la question du point de vue. Pour exemple, deux contemporains. Picasso qui, visionnaire, illustre dans ses toiles cubistes la multiplicité et la simultanéité des points de vue. Pas joli joli, mais oh combien brillant! Je pense à l’artiste Allemand Gerhard Richter, dont le Musée des Beaux-Arts de Montréal possède une oeuvre de très grand format, et où l'on voit un paysage, flou, comme une photographie hors focus, une oeuvre qui brouille du coup les frontières entre peinture et photo. Meadowland est une de ces toiles qui fonctionne un peu comme ça.

Et le vélo dans tout ça !!!??? me direz-vous.

J'y arrive.

Plus près de nous, le canadien Alex Colville, un peintre hyperréaliste, nous donne souvent à voir ce que plusieurs fins observateurs auront appelé le low-car-seat level. En effet, quand on regarde certaines de ses toiles, on a l’impression de voir la scène comme si on était assis en voiture, arrêté en bordure de la route, observant la scène alors qu'on est à cette distance précise du sol.

C’est en fréquentant des photoblogs de cyclistes-photographes que j'ai repensé aux oeuvres de Colville et à son point de vue singulier d'automobiliste Nord-américain qui voit la vie de sa voiture.

Si on entend par point de vue, un discours politique, il ne fait aucun doute qu'il existe un et même des points de vue cyclistes. Mais ici, je ne fais pas référence au discours politique. Plus bêtement, je me demande si on peut identifier un point de vue bike-seat-level , en regard à "hauteur de selle" ?

J'essaie de porter attention au style photo des cyclistes-photographes, je cherche à reconnaître une esthétique qui leurs/nous serait commune. Une sorte de signature visuelle, faites de plusieurs éléments qui pourraient s'y retrouver ou pas. La crystalisation d'un regard qui lit la ville et ses objets à partir de la vie à vélo, une représentation de la ville qui ne serait ni celle de l’automobiliste ou du piéton, une esthétique visuelle propre à la gente autopropulsée. Tant dans la manière que la matière de cette photographie là. Des thèmes, des cadrages, un registre - la proximité, un rapport plus intime aux lieux, une vision en mouvement, etc.

Je dis ça comme ça. Peut-être que c'est du délire. Peut-être que c'est déjà l'effet du manque de vélo. L'hiver va être long...

Sources/crédits (dans leur ordre d'apparition) :
Jeremy Hugues. Condor in the snow. Jeremy Huges's photostream sur Flickr.
Alex Colville.
Cyclist and Crow. 1981. (Tiré du catalogue en ligne du MBA de Montréal).
Pörrö. Vauhissa. 2007. The thrill of Cycling sur Flickr.

jeudi 10 décembre 2009

Privatopia

À la fin de mon secondaire, je me souviens d'un prof qui nous a fait tellement suer dans le cours de géographie. Il s'était mis en tête de nous apprendre ce que c'était le phénomène urbain, alors que ce n'était pas au programme. Juste parce que ça le branchait. Juste parce que lui, il était à faire des études en urbanisme. Bref, pendant que les autres groupes se la coulaient douce, nous on trimait dur, et on était vraiment ... cancres. Pauvre prof de géo. Comme il devait nous trouver p-é-n-i-b-l-e-s. Et paresseux. Et empotés!

Je dois donc à son acharnement le fait que je peux à peu près réciter le nom de toutes les ex-républiques Soviétiques, devenues aujourd'hui autant de pays aux statuts flous et instables, constament dans l'actualité politique du village global, ainsi que toutes les provinces de Chine. C'est qu'il était visionnaire notre prof de géo, et qu'il savait que ces coins du globe seraient des points chauds.

Mais surtout, surtout, je lui dois de pouvoir comprendre une ville, du moins en partie, et ce avant même d'y débarquer. Il nous a appris à décoder la ville, à lire les cartes, comprendre les zones, l'organisation, la dynamique d'une aglomération urbaine. Un miracle que tout ça me soit rentré dans la tête!

La ville, c'est une bibitte plutôt complexe. Et si on ajoute à ça les banlieues, le phénomène de l'étalement urbain, les cas de figures sont légion.

Quand on est à vélo, on parcours la ville. Non seulement on prend la mesure de l'espace, des distances, mais on prend vraiment acte, physiquement acte, de la transformation de cet espace au fil des projets, des développements, des réaménagements.

On observe récemment des phénomènes qui font beaucoup réagir dans le grand Montréal. Je pense au quartier Dix30 de Brossard. Au projet Griffintown à Montréal. A la multiplication des quartiers de MacMansions - genre de méga-bungalow sur les stéroïdes, apothéose du consumérisme.

La ville, en particulier la ville nord-américaine, c'est un langage complexe. Bien sûr, il existe 73,247 livres sur le sujet. Mais la vie est courte. On peut pas tout lire. Alors, pour avoir un peu plus prise sur ce glossaire, voici un petit dictionnaire visuel, concis, percutant :
A field guide to sprawl (traduction libre : guide d'interprétation de l'étalement urbain) dont les textes sont de Dolores Hayden et les photographies de Jim Wark.

Principalement composé de photographies pleine pages, ce petit guide se feuillette avec bonheur. C'est qu'on a enfin des mots pour nommer cela même qu'on a vu de nos yeux vu! Cela même qu'on aurait peut-être envie de... dénoncer. Et pour ça, ce serait bien pratique de pouvoir nommer la dite chose qui nous irrite. Comme ces quartiers conçus sans aucun trottoir pour les piétons. Ou les centres commerciaux lovés dans la bretelle d'un autoroute, encore un lieu inaccessible aux cyclistes et aux piétons.

Des mots pour articuler nos désirs de commerces de proximité, de quartiers sécuritaires, de densité de population en milieu urbain, pour que ne meurt pas la ville centre au profit des banlieues. Pour que les banlieues elles aussi soient des milieux de vie à échelle humaine.

Une Privatopia, c'est un quartier à accès limité, où des lois et règlements sont édictés et suivis par les résidents, soit sous prétexte d'une plus grande sécurité pour chacun, ou dans le but de regrouper des ménages partageant le même statut social élevé.

PS Le guide n'est pas traduit pour le moment, mais comme il s'agit d'un glossaire visuel, la lecture en est assez aisée.

lundi 7 décembre 2009

Artiste en vélo - Melsa Montagne

3 questions à propos du vélo ont été posées à différents artistes.



Melsa Montagne est une jeune peintre montréalaise dynamique et créative qui s'est joint, il y a quelques années, à un concept de duo musique et peinture, le groupe Acrylique Acoustique. Le vélo est pour elle un art de vivre. Il fait partie inhérente à sa vie urbaine.
www.melsa.ca



Q - Melsa, qui êtes-vous?

Melsa Montagne - Authentique et spontanée, je trouve mon inspiration à travers les réactions et les émotions que projettent les gens. Le personnage singulier m’inspire. Une simple promenade dans mon quartier me fait souvent créer deux ou trois œuvres. Travaillant rapidement et sur plusieurs œuvres en même temps, mon choix de médium s'est vite fixé sur l’acrylique. Je recherche beaucoup le retour à la toile lorsque qu’une profondeur s’installe. Je vais mixer le « dripping » aux aplats de couleurs plus graphiques que je fais préalablement. J’utiliserai alors l’encre de chine noir, pour cibler et pour accrocher l'oeil sans pour autant laisser une note malheureuse.

Constamment à la recherche de contrastes forts et signifiants, je m’inspire beaucoup d'anciennes sérigraphies et d’illustrations. Le résultat de certaines de mes erreurs me donne une ouverture sur d’autres avenues. Elle m’aide à créer. Mes œuvres témoignent d’une conscience de la matière. J’y incruste des collages noirs et blancs d’architecture que j’ai pris en photo. Mais mon geste reste souvent spontané.

En 2005, je me propulse dans l’univers public et y prends goût. Développant une aisance à créer rapidement une œuvre en direct dans divers événements, je me joins au musicien Sébastien Moreau, guitariste, du groupe Acrylique Acoustique pour poursuit cette recherche en donnant mensuellement des spectacles à travers le Québec. Parallèlement, j’expose par-ci, par-là, dans les régions de Montréal.

Q - Pour vous, que représente le vélo?

Melsa Montagne - Le vélo est pour moi un idéal de transport, une liberté sur deux roues! J’ai une sensation d’appartenance sur mon guidon… je me sens moi! C’est mon indépendance.
Il est lié à un certain confort, une habitude de vie qui fait bouger. J’adore pédaler et avancer sur la route où l’on ressent l’impact direct de la nature. C’est tellement plus motivant pour continuer à rouler. Peu importe l’état et la sorte de bécane, il est MON mode de déplacement, autant pour le travail que pour le loisir.
Si on parle environnement, je n’ai rien d’autre à dire que dans le meilleur du possible, on devrait tous se déplacer en vélo. Il n’y a que des avantages! Je vous mets au défi de venir me dire qu’il est impossible dans votre cas de l’utiliser pour certains de vos déplacements, et je vous trouve une solution!

Q - Quelle influence a le vélo sur votre quotidien et/ou sur votre création?

Melsa Montagne - Je n’ai pas besoin d’un but spécifique pour prendre mon vélo. L’amour du vélo m’est assez imprimé pour avoir toujours envie de le prendre.
Côté transport, pour l’efficacité versus temps du vélo à titre de rendez-vous, c’est génial! C’est le temps de sortir ses talents de planification d’horaire...

Il me donne satisfaction émotionnelle, psychique et physique.
Juste pour la sensation physique intérieurement lorsqu’on a est arrivée à destination et qu’on reprend son souffle. Quel bien fait! Plus je pédale, plus l’envie de créer me prend et je suis prise entre l’envie de continuer celui de peindre. Alors, j’ai souvent les 2 avec moi, dans mon sac à dos! Je me dois d’avoir un porte-bagages spécialement conçu pour le transport de mes œuvres lors de mes accrochages et décrochage pour mes expositions. Quel bonheur mon autonomie aurait!

Q - Comment le vélo vous fait voir la ville?

Melsa Montagne - J’opte pour le trajet différent chaque fois que je vais quotidiennement à un endroit. Tout est près en ville et il y a tellement à voir qu’on ne peut se limiter à un chemin.
Spontané, le vélo me suit… là où je ne sais pas où je vais… et je découvre. La ville est meilleure et authentique si on la prend telle qu’elle est, lumineuse, brumeuse, froide ou chaude. Le vent nous dit : « habille-toi en conséquence! »






crédits photos et films
- Dans l'atelier : Marjolaine Dionne
- Peinture en direct (avec caméraman à côté) : Simon Gaudreau
- Peinture en direct (mes mains qui peind en bleu)
: David Fraser
- Peinture en direct (avec la ''guenille'') : David Fraser
- Peinture en direct (le visage violet) : David Fraser
- Exposition au Barbare : Karine Léger

- Vidéo / teste de texture, séquences photos : David Fraser

Fermeture du pont Jacques-Cartier

« Avec l’arrivée du temps froid, ainsi que sur la base des prédictions météorologiques d’Environnement Canada pour les prochains jours, la piste cyclable située du côté ouest du pont Jacques-Cartier et le trottoir situé du côté est du pont fermeront officiellement pour la saison 2009, tôt en matinée (5h) ce mercredi 9 décembre. Nous vous aviserons au printemps, lorsque la piste sera à nouveau ouverte. Bon hiver à tous. »

Jean-Vincent Lacroix Conseiller - AGC Communications

Photo : Alec

jeudi 3 décembre 2009

L'art urbain au quotidien



Ce dessin est de Gabi Campanario, un illustrateur qui fait partie du collectif Seattle Urban Sketchers, le dit collectif faisant partie d'un regroupement plus grand encore du nom de UrbanSketchers.

Les règles y sont simples. Peindre, dessiner 'sur le motif' (i.e. jamais d'après photo), au quotidien, dans la ville, et partager ses dessins avec d'autres artistes de partout dans le monde.

Les dessins, comme le nom du collectif l'indique nous présentent des scènes croquées chaque fois en milieu urbain, qu'il s'agisse de leur ville d'origine ou d'une ville visitée en voyage.

Ce site est une vitrine extraordinaire de vignettes croquées sur le vif, dans un café, sur une place publique, un intérieur, des portraits, des vues, très souvent des croquis architecturaux, mais aussi et surtout une gallerie de gens talentueux, créatifs et inventifs. On y prend vraiment le pouls de la vie urbaine, et le regard des artistes sur cette même vie urbaine, puisque leurs dessins opèrent une découpe dans ce monde foisonnant.

Pour moi qui suis si peu habile en dessin, c'est comme de suivre un cours puisqu'on y trouve très souvent, côte à côte, le dessin et le modèle. Tous les mediums y sont représentés, dont de magnifiques aquarelles, et, maintes fois, comme ici, le sujet est un vélo ou des gens à vélos, puisque la bicyclette est une bête urbaine qui vit partout sur la planète.

Pour le moment, je n'y ai repéré qu'une artiste de Montréal, Juliana Russo, et son choix de motif ne pouvait être plus montréalais... (voir à droite)

Les artistes qui souhaitent contribuer à UrbanSketchers sont d'abord incité à montrer leurs dessins dans le 'pool' Flickr des Urbansketchers, et de là, ils pourraient se voir inviter à participer au site principal.

Je trouve que dessiner sa ville, la vie urbaine quotidienne qui s'y déroule sous nos yeux, ce n'est possible que si l'on prend le temps de s'arrêter, que nous déambulions à pied ou à vélo. Écrire, dessiner, photographier, sont donc pour moi des vecteurs de cette préhension différente de la ville, une où la lenteur est souhaitée et célébrée.

NB Le site UrbanSketchers est abondament nourri par ses participants, et le fil des notes (des dessins) y défilent rapidement. Si vous n'y aller que rarement, attendez-vous à avoir à retourner en arrière (en cliquant sur 'old posts' au bas de la page) parce que l'ergonomie du site est telle que l'écran principal ne contient que très peu d'entrées récentes.

lundi 30 novembre 2009

L'hiver frappe à la porte

L'hiver frappe à la porte. Les vélos, pour la plupart d'entre nous, sont remisés. Et la longue attente du retour des jours chauds recommence. De quoi se morfondre, s'ankyloser, envier les villes profitant d'un climat plus clément qui permet de rouler toute l'année.
Cette pause forcée est certes frustrante, mais c'est l'occasion de réfléchir sur le fait que le déplacement vélocipédique urbain est bien plus qu'un simple transport. C'est un mouvement dans tous les sens du terme. Et c'est aussi durant cette période que l'on mesure à quel point le vélo nous simplifie la vie, car privé de ses services, les déplacements deviennent bien plus laborieux.
Le froid nous fait baisser la tête et plisser les yeux. On va perdre pour quelque mois un certain niveau de regard sur ce qui nous entoure, cette observation sereine de notre environnement immédiat.

D'un autre point de vue plus pragmatique et plus positif, c'est aussi l'occasion de donner à notre fidèle monture un brin de jeunesse en le nettoyant soigneusement avec un gant en ratine, car c'est un excellent passe-partout, un peu d'eau et de savon doux. Par cette opération, on pourra bien observer notre mécanique sous toutes ses coutures et déceler plus facilement ses besoins imminents, c'est-à-dire les ajustements nécessaires ou les pièces à remplacer.
Et puis, sachant que notre vélo est fin prêt pour le printemps, on aura plus facilement l'occasion de le sortir sitôt la température adéquate revenue.

Station Baïkal
acrylique sur toile - 2007 - 24" x 36" (
61,0 cm x 91,4 cm)
série "Formes noires" www.alec5.com

samedi 28 novembre 2009

L'art comme valeur refuge

C'est bien connu, en temps de crise économique, ou de troubles politiques, les fins investisseurs collectionnent des oeuvres d'art. J'entend cependant l'art comme valeur refuge dans un autre sens. Quand le sens déserte nos sociétés, que nous sommes entourés de commissions d'enquête sur la corruption, et qu'il semble que toutes nos institutions foutent le camp, l'art, l'objet d'art, est imperturbable. Il tient la route. Je dirais même qu'il est un phare, une bouée de sens. Et bien entendu, il est aussi et avant tout plaisir des sens.

Alors, vous n'osez plus écouter les nouvelles télévisées ou suivre votre fil de presse sur Twitter et autres médias sociaux ? Votre banquier vous verse des intérêts homéopatiques sur votre maigre pécule ? Enfourchez votre monture, et pédalez jusqu'à l'expo-vente 'Prêt-à-emporter' du centre d'artistes autogéré L'Atelier circulaire. Ce centre, situé dans le Mile-End, offre sous un même toît, et depuis plus de vingt ans des lieux de production, de formation et d'échanges pour des estampiers québécois et d'autres latitudes.

La vente a lieu dans la gallerie qui elle se trouve au rez-de-chaussée du 5445 De Gaspé. Lors de cette expo-vente, vous y ferez de bonnes affaires, puisque toutes les oeuvres sont à 100$ et moins. Des oeuvres d'artistes de renom, et d'artistes émergents.

L'évènement en est à sa 4e édition, et pour y être allée à chaque année, je puis témoigner de l'engouement qu'il déclenche tant chez les connaisseurs que les néophytes, qu'ils et elles soit des collectionneurs ou non. C'est également une occasion magnifique pour dénicher des cadeaux à offrir à des êtres chers, tout en évitant la cohue des centres commerciaux.

L'oeuvre reproduite ici est de Jacinthe Tétreault, et cette oeuvre fera l'objet d'un tirage lors de l'expo-vente.

vendredi 27 novembre 2009

La forme d'une ville

Il n'existe nulle coincidence
entre le plan d'une ville

dont nous consultons le dépliant
et l'image mentale qui surgit en nous,
à l'appel de son nom,
du sédiment déposé dans la mémoire
par nos vagabondages quotidiens.


Julien Gracq, La forme d'une ville.
Éditions Josée Corti, 1983.

J'aime les cartes. Cartes de villes, de comtés, de pays, de continents, des cartes anciennes jusqu'aux images satellite de Google Earth, elles me font rêver, voyager, comprendre. Je peux passer des heures à regarder des cartes et des atlas, y lire les informations qu'on y trouve, mais aussi plus simplement, plus ludiquement, apprécier leur esthétique, leurs codes. Mes préférés, les cartes topographiques, dans leurs dégradés de vert, et les cartes marines, dans leur dégradés de bleu. Elles sont tout à la fois géographie, histoire, science et art. On regarde des cartes avant de partir, et on essaie de s'imaginer la forme de la ville à découvrir. Puis, au retour, cette même carte évoque tout à coup en nous tant d'images, de saveurs, d'odeurs, de lumières. C'est magique.

Depuis quelques temps, j'ai un petit boulot de plus, je travaille dans une librairie grande surface quelques heures par semaine. Parmi les lecteurs qui la fréquentent, des gens qui préparent un voyage et qui viennent y chercher des guides. Invariablement, ils m'informent de leur destination, et invariablement, je leur demande : oui, mais quelle(s) villes(s) visiterez-vous dans ce pays ? Parce que je ne peux m'empêcher à chaque fois de leur suggérer une édition de la magnifique série Cartoville.

Ce n'est pas en préparant un voyage que j'ai découvert cette collection, mais bien en m'apprêtant à recevoir à Montréal, des amis en provenance d'Europe. J'avais fait l'acquisition du petit Moleskine noir de la série City Notebook, édition Montréal, que j'avais bourré de bonnes adresses pour eux. Et j'avais maintenant aussi à leur offrir la Cartoville pour Montréal. Mais au-delà de l'aide précieuse que peuvent représenter ces deux outils pour des visiteurs étrangers, c'est une façon exceptionnelle de voir Montréal pour ceux et celles qui y vivent, depuis peu ou depuis toujours.

Puisque quand on vit dans une ville de la taille de Montréal, et particulièrement si on la parcours à pied ou à vélo, on découvre sans cesse de nouveaux coins, de nouveaux voisinages, de nouveaux quartiers. Et cette très belle et si bien pensée série Cartoville est toute indiquée pour la marche ou le vélo puisqu'il s'agit de tout petits livres qui ne pèsent pas lourds, et qui nous exemptent de traîner aussi une carte, plus encombrante, moins pratique. Le concept est simple, chaque page comporte une carte dépliable qui double la surface du livre. Chaque carte est accompagnée de vignettes décrivant les lieux suggérés, répertoriés.

Pourquoi citer Gracq, un auteur qu'on ne lit presque plus ? Parce que cet ouvrage, La forme d'une ville, est, il me semble, un essai formidable sur le comment une ville nous fait, un exposé, dans un français certe un peu suranné, mais combien riche et précis, de la fonction matricielle des lieux qui nous on vu naître et grandir. À lire pour mieux comprendre la ville et son influence sur soi. Disponible en d'autres éditions, plus récentes, que celle mentionnée plus haut.

Je profite de ma note pour vous envoyer voir un photoblog (oui, un autre photoblog!) des plus rafraîchissants, soit le site 416cyclestyle.com. Gallerie de photographies mettant en scène tout simplement des gens à vélo dans la ville, au quotidien. Le '416', faisant référence à l'indicatif régional de la ville de Toronto, ce sont donc des cyclistes Torontois qu'on y voit. Cette diversité, et leur ingéniosité, me décroche chaque fois un grand sourire. Et dans la grisaille de novembre, qui peut dire non à ça ?

Bonne lecture et bon vélo!

mardi 24 novembre 2009

Young Indy


Opus Rambler 2009

Pour faire suite à l'inspiration, voilà un vélo, ou plutôt une version d'un concept de vélo qui nous trottait dans l'esprit depuis un moment. La question était : pourquoi ne pas faire un vélo de type Urbanista pour les jeunes? Un vélo de petite taille avec des roues de 24"? La réponse est le Rambler. Vélo atypique pour ce genre de jeunes cyclistes, on en convient mais, justement, pourquoi pas faire les choses différemment?
Si le Cervin est inspiré d'Idiana Jones, le Rambler est vraiment le "Young Indy" de la série.
Et pourquoi pas une version du Nuovella pour jeunes filles?

mardi 17 novembre 2009

Art crank



ARTCRANK

Voici une expression vivante de l'amalgame possible entre art et bicyclette. Graphistes, artistes et amateurs vélocipédiques se sont rencontrés lors de l'exposition ART CRANK à Minneapolis. Cette exposition s'est déplacée par la suite à Denver, Saint-Louis, Portland et Sans Fransisco. Chaque exposition invitait aussi des artistes locaux à venir présenter leurs créations.
Cette exposition itinérante a suscité un très grand intérêt comme en témoignent les images de ce reportage produit par ArtCrank.

lundi 9 novembre 2009

Lecture de l'odomètre

La belle saison n'est pas terminée, mais on ne peut être dans le déni complet : elle tire à sa fin. Je passe en revue quelques objectifs que je m'étais donnés pour cette année. Mon bilan est plutôt positif. J'ai principalement utilisé mon vélo au détriment de la voiture. En fait, étonnament, beaucoup plus que je ne l'aurais cru possible au départ. J'ai aussi étendu mon rayon d'action, ajoutant à mes trajets habituels d'autres que j'aurais faits en voiture par le passé. Ma foi, je suis plutôt fière de moi. Sauf pour une chose. Un objectif non-négligeable. Pour ne pas dire le plus important de tous. Et pour cet objectif, c'est un quasi échec. C'est que j'aimerais ralentir. Ou devrais-je dire r-a-l-e-n-t-i-r. Ce pas qu'une mince affaire que de ralentir quand tout autour de nous file à toute allure, les voitures, les autres cyclistes, le temps. Je voulais partir plus tôt le matin, prendre mon temps, et au retour, flâner, trainer, changer de trajets, varier les trajets. Mais c'est un conditionnement si profondément enraciné que j'ai très peu réussi à ce chapître, dans le train train quotidien. Oh, je n'ai pas de peine à être méditative un beau dimanche après-midi, ou un samedi sur une piste cyclable quelque part en rase campagne. Ce n'est pas là qu'il y a un problème. Ce qui mine, c'est le stress lié aux trajets quotidiens en milieu urbain. Et c'est ce rythme là que j'ai peu infléchi. C'est donc un bilan mitigé pour moi.

Et vous, vous arrivez à ralentir ?
Vous avez des trucs pour ne pas suivre le troupeau des gens pressés ?

En terminant, un addendum à une note précédente : pas que je ne sois plus mercantile qu'une autre, mais j'avais entendu dire que si on utilisait son vélo de façon importante (beaucoup de km) pour aller au boulot, ça avait une incidence significative sur la prime d'assurance de son véhicule automobile, puisque du coup, ça diminue les km faits en auto. J'apprends donc ce matin que mes quelques 3000 km de vélo-boulot de cette année réduiront ma prime d'assurance auto d'un beau gros 53$ par an, soit environ 1$ par semaine. Je crois que les assureurs ont du chemin à faire, pas mal de chemin à faire - sans mauvais jeu de mots - avant d'appeler ça un incitatif. Vaut mieux en rire!

Crédit photographique : http://www.flickr.com/photos/sosico/3729900060/ / CC BY-NC-ND 2.0